Les Origines de la Vie, Un Jaillissement Mystérieux, une Evolution Unique

L'avènement de l'Homme

 

A cette époque des premiers mammifères, un groupe commence à se distinguer. Les primates. Parmi eux, l'Adapis dont on a retrouvé les fossiles datant de l'Eocène (50 millions d'années) en Afrique. Vu les grandes orbites oculaires, il devait faire partie de la famille des lémuriens.

Adapis, le petit lémurien de la famille des primates, est le premier maillon d'une chaîne destinée à venir jusqu'à l'homme moderne, même s'il ne ressemble pas du tout à un hominidé. Ce n'est pas grave. Laissons l'évolution faire son travail. Après quelques millions d'années, apparaît le Dryopithécus. Cet animal, habitant la savane de l'Afrique de l'Est est encore une espèce de singe quadrupède omnivore. Il semble qu'il était encore souvent arboricole.

Un descendant du Dryopithécus est le Proconsul. Cet hominidé qui vivait il y a 25 millions d'années, omnivore, pseudo quadrupède, et de la taille d'un gorille est en fait à l'origine des grands singes et de l'homme.

Les recherches continuent encore aujourd'hui en vue de savoir comment et pourquoi un groupe de grands singes s'est séparé des autres pour devenir ce que nous sommes. Il semblerait que la station bipède favorisa le développement de l'intelligence puisque cette station libérait les deux membres supérieurs de leur fonction locomotrice, favorisant ainsi l'emploi de ces membres à des tâches diverses allant des contacts sociaux entre individus au bricolage. Il semble donc qu'à l'origine, un groupe de Proconsul se soit démarqué des autres en adoptant une démarche bipède.

Le Gigantopithécus, cousin du Proconsul est un parent des hominidés n'ayant pas eu de descendance même s'il était presque bipède et assez bien adapté pour son époque.

Il y a à peine 10 millions d'années, la plaque indienne emboutissait la Chine, créant ainsi l'Himalaya.

Il y a 4 millions d'années, enfin, le vrai premier bipède. L'australopithèque. Il a un museau assez court, comparé aux autres singes et ses dents présentent des caractéristiques déjà humaines. A Olduvaï, on a découvert les restes d'un australopithèque portant une crête sur le sommet du crâne. Il fut appelé Paranthropus et fut classé parmi les parents des australopithèques.

Avant d'aller plus loin et de terminer cette étude paléontologique, il est un point essentiel sur lequel j'aimerais m'attarder un peu.

 

Autrefois nous n'étions pas seuls !!

Homo sapiens est aujourd'hui le seul hominidé sur la Terre. Pourtant, pendant au moins quatre millions d'années, de nombreuses espèces d'hominidés se sont partagé la planète. Pourquoi nos cousins ont-ils disparu ?

Homo sapiens est le seul hominidé sur Terre depuis 25.000 ans environ. Nous nous sommes habitués à notre particularité, au point que, dans les années 1950 et 1960, certains anthropologues pensaient que les espèces d'hominidés s'étaient succédé, sans jamais coexister.

Ainsi donc, cette hypothèse de "l'espèce unique" supposait qu'il n'y avait pas de place écologique pour plusieurs espèces dotées de culture sur notre planète. Elle n'a jamais été très convaincante, même quand on disposait de trop peu de fossiles pour la tester. Cependant, elle proposait une histoire séduisante : un hominidé ancestral, voûté et plongé dans les ténèbres de l'ignorance (Homo neandertalensis), se serait lentement transformé en Homo sapiens moderne, élégant et intelligent. Comme dans les contes de fée, le crapaud se serait transformé en prince charmant. (Je caricature un peu...!!! Excusez-moi...).

L'hypothèse ne fut abandonnée que vers la fin des années '70, parce que les paléontologues avaient découvert des fossiles qui prouvaient que plusieurs espèces d'hominidés avaient coexisté, il y a environ 1,8 millions d'années, dans le Nord du Kenya. Malgré tout, les paléontologues ont continué leur interprétation "minimaliste" des fossiles : ils n'admettaient qu'un petit nombre d'espèces, attribuant des fossiles nettement différents à une "espèce unique et vague telle qu'homo sapiens archaïque". Pourquoi oubliaient-ils que de nombreuses espèces d'hominidés avaient pu coexister pendant la préhistoire ?

Malgré la persistance de cette conception minimaliste, des découvertes récentes et le réexamen de fossiles montrent que l'histoire biologique des hominidés ressemble à celle de la plupart des autres familles animales : elle a été buissonnante et non linéaire.

Ainsi, plusieurs espèces d'hominidés sont apparues, ont coexisté, puis ont disparu, mais pas l'Homo Sapiens qui reste seul aujourd'hui. Pourquoi ? Les paléontologues l'ignorent. Cependant, l'analyse de la coexistence des derniers hominidés (Homo neandertalensis et Homo sapiens) dans deux régions du globe fait apparaître des différences intrigantes qui éclairent la question.

Nous avons la preuve de la diversité des hominidés depuis leur histoire évolutive, c'est-à-dire depuis que ces bipèdes (les australopithèques) se sont timidement aventurés à l'extérieur de la forêt. La plus ancienne espèce connue, susceptible d'avoir appartenu à la famille des hominidés est Ardipithécus ramidus : on le connaît par quelques fragments de fossiles qui datent de 4,4 millions d'années, et qui ont été découverts sur le site d'Aramis, en Ethiopie. L'analyse des fossiles semble indiquer qu'il marchait en position verticale, mais, à de nombreux points de vue, il ressemblait à un singe. Un tout petit peu plus récent, Australopithecus anamemsis est mieux connu, par des fossiles qui datent de 4,2 millions d'années, trouvés dans plusieurs sites au Nord du Kenya. D'apparence moins simienne, il ressemblait déjà à son cousin plus récent : Australopithecus afarensis, au petit cerveau et à la face développée (c'est-à-dire au système masticateur puissant), qui vécut il y a 3,8 à 3 millions d'années. La fameuse Lucy dont nous parlions précédemment, appartenait à cette espèce. D'après le réexamen de restes attribués à Australopithecus afarensis provenant de sites dispersés en Afrique de l'Est, on suppose qu'ils appartiennent à plusieurs espèces différentes. Quoi qu'il en soit, Australopithecus afarensis n'est pas le seul hominidé d'Afrique : récemment, on a découvert au Tchad, une mâchoire d'Australopithecus bahrelghazal. Elle date de 3,5 à 3 millions d'années, comme le squelette de Lucy.

En Afrique du Sud, des paléontologues viennent de découvrir (1998) les restes d'une autre espèce d'hominidé primitif qui vivait il y a 3,5 millions d'années. Elle n'est encore ni nommée ni décrite. Australopithecus africanus habitait la même région (les premiers fossiles d'australopithèques découverts en 1924 appartenaient à cette espèce). Il n'a pas persisté plus d'un million d'année. Une autre espèce, récemment nommée Australopithecus garhi, vivant en Ethiopie il y a 2,5 millions d'années. Elle serait intermédiaire entre Australopithecus afarensis et un vaste groupe incluant les australopithèques plus récents et les espèces du genre Homo. L'espèce la plus primitive du groupe des australopithèques "robustes", Paranthropus aethiopicus, vivait presque à la même époque. Les paléontologues la connaissent principalement grâce au "crâne noir" vieux de 2,5 millions d'années, trouvé dans le Nord du Kenya. Il y a 2 à 1,4 millions d'années les australopithèques robustes Paranthropus boisei habitaient toute l'Afrique de l'Est. En Afrique du Sud, il y a 1,6 millions d'années, les australopithèques robustes étaient des Paranthropus robustus et, peut-être aussi des Paranthropus crassidens, étroitement apparentés aux premiers.

Cette liste déjà longue est pourtant incomplète. Nous ignorons la longévité de chaque espèce. Même si chacune n'a vécu que quelques centaines de milliers d'années, le continent africain fut peuplé de plusieurs espèces plus ou moins périodiquement et probablement de façon continue, dès le début de l'évolution des hominidés.

L'australopithèque a, sans doute, utilisé des outils qu'il ne façonnait pas lui-même, mais que la nature lui livrait tels quels soit donc une simple utilisation de la nature.

Les fossiles nous indiquent qu'il y avait, en Afrique orientale, il y a environ 1.800.000 ans un hominidé bipède plus grand que l'australopithèque et qui fabriquait des outils. Seuls les hommes prennent de façon régulière les objets de leur environnement pour les transformer et en faire des outils. C'est pour cela que cet être fut classé dans le groupe "homo" et que son nom fut, tout naturellement, "Homo habilis" qui signifie "homme habile". Il fabriquait des outils primitifs avec des pierres qu'il frappait l'une contre l'autre de façon à obtenir des pointes, des tranchants. Ils vivaient en communauté et chassaient probablement en groupe en lançant ces armes primitives afin de blesser ses proies comme le montre cette scène de chasse.


 

Dessin Noëlla Wébert
Scène de chasse primitive au temps de l'Homo habilis.
 


L'apparition du genre Homo, il y a quelques 2,5 à 1,8 millions d'années ne changea rien à la situation de coexistence abordée ci avant. Les fossiles de l'Homo les plus anciens, découverts en Afrique de l'Est et du Sud, forment un ensemble disparate ; on les a attribués aux deux espèces Homo habilis et Homo rudolfensis, mais certains pourraient appartenir à d'autres espèces que ces deux-là. Il y a 1,9 à 1,8 millions d'années, à l'Est du lac Turkana (Kenya), ces deux espèces furent rejointes par l'espèce Paranthropus boisei largement répandue en Afrique et aussi par l'Homo ergaster, le premier hominidé à la silhouette moderne. Ainsi, au moins quatre espèces d'hominidés partageaient le même continent, et aussi le même environnement.


 

Dessin Noëlla Wébert
Campement de l'Homo Habilis, quelque part en Afrique.


Le premier exode des hominidés hors d'Afrique par Homo ergaster ou par une espèce très proche provoqua une diversification plus poussée que celle qui s'était produite jusqu'alors. Les paléontologues cherchent à mieux connaître ce mouvement de population et, notamment, sa date, mais ils pensent qu'il y a 1,5 millions d'années, des hominidés avaient déjà atteint la Chine et Java. Une mandibule qui daterait de cette époque a été retrouvée à Dmanisi, en Géorgie, se distingue nettement de tout ce qu'on avait trouvé précédemment. Il y a un million d'années, Homo erectus était établi à Java et en Chine. Une espèce d'hominidés plus robuste était peut-être aussi présente à Java. A l'autre bout du continent eurasien, les hominidés les plus anciens (ils vivaient il y a plus ou moins 800.000 ans) diffèrent des précédents. Les paléontologues espagnols qui les ont découverts les ont attribués à une espèce particulière qu'ils ont nommée Homo antecessor.

En résumé, nous pouvons dire que jusqu'à présent, les hominidés du groupe australopithèque et du groupe homo étaient cantonnés en Afrique. Mais il y a 1.500.000 ans, des individus du genre homo se sont développés ailleurs qu'en Afrique.

D'abord à Java puis à Pékin, des fossiles du genre "homo" ont été découverts. Bien différents de l'Homo habilis, ce nouvel être utilisait des outils bien mieux adaptés et surtout, il avait domestiqué le feu.

Ici, j'aimerais ouvrir une parenthèse justement au sujet du feu et de son utilisation. Dès le départ, je pose l'idée que si l'homme a utilisé le feu, c'est qu'il savait le produire. Je ne crois pas à cet homme qui utilise le feu mais qui ne sait pas le produire. Il court la campagne à la recherche d'un tison incandescent que Mère Nature a mis à sa disposition en faisant tomber la foudre sur un arbre ou en déclenchant une éruption volcanique. Si je vis en Europe du Nord, là où il n'y a pas de volcan je risque d'attendre longtemps pour voir un éclair mettre le feu à un arbre. Je risque donc de manger froid bien longtemps. En fait, j'ai plus de 30 ans, je suis donc, pour les hommes préhistoriques, un vieillard et je n'ai encore jamais vu un éclair mettre le feu à un arbre. Si je ne savais pas produire du feu j'aurais mieux fait de rester en Afrique, là où il fait plus chaud. S'aventurer en Europe, là où il fait froid en hiver et pas très chaud en été sans pouvoir produire du feu est suicidaire voire totalement idiot et maintenant on peut dire que l'homme préhistorique était tout sauf idiot.

Je viens de dire qu'en Europe, il fait froid en hiver et pas très chaud en été. N'oublions pas qu'il y a 2 millions d'années, débute le Grand Age Glaciaire. Cette époque fut marquée par des conditions climatiques changeantes qui ont conduit à une alternance de périodes glaciaires et interglaciaires. En Amérique du Nord et en Europe, on reconnaît quatre périodes distinctes de glaciation, chacune portant un nom, tout comme les stades interglaciaires les séparant. Ces périodes ont leur pendant en Eurasie où elles portent des noms différents.

On a évalué que la glace couvrait par moments jusqu'à 30 % de la superficie des continents durant le Grand Age Glaciaire. Une grande partie de l'Amérique du Nord et de l'Europe du Nord ont été périodiquement recouvertes par une immense masse de glace qui, à certaines époques, s'est étendue jusqu'au sud des Grands Lacs actuels en Amérique et jusqu'à Lyon pour l'Europe.

On a évalué des épaisseurs de glace allant jusqu'à 5 000 m à la hauteur de la Baie d'Hudson. Il existait un étroit passage libre de glace entre les inlandsis de la Cordillère et Laurentidien, et c'est sans doute ce passage qu'ont utilisé les premiers hommes pour peupler le continent américain alors qu'ils venaient de l'Afrique (environ -10 000 av JC).

Mais revenons à notre Homme de Pékin, Il devait ressembler à un être bipède, puissant, aux arcades sourcilières développées.

En Afrique, Homo heidelbergensis apparaît il y a 600.000 ans. Il y a 500.000 à 200.000 ans, cette espèce était aussi présente en Europe et peut-être en Chine. Quand les paléontologues connaîtront mieux Homo heidelbergensis, ils découvriront certainement que ces fossiles appartiennent en fait à plusieurs espèces. En Europe, Homo heidelbergensis ou l'un de ses cousins, a engendré un groupe endémique d'hominidés, dont le représentant le mieux connu est Homo neandertalensis. Cette espèce aussi présente au Proche-Orient, a prospéré il y a 200.000 à 300.000 ans. A la même époque, les hominidés africains y ont évolué de façon indépendante, notamment en Homo sapiens. A Java, sur le site de Ngandong, des fossiles probablement d'Homo erectus viennent d'être datés de 400.000 ans, ce qui signifie que cette région a été le cadre d'une évolution différente, pendant peut-être des millions d'années.

Cette rapide description s'éloigne beaucoup de la théorie qui prévalait il y a 40 ans et qui stipulait qu'Australopithecus africanus avait engendré Homo erectus qui, lui-même avait engendré Homo sapiens. La rénovation résulte évidemment des découvertes de fossiles effectuées au cours des dernières décennies. Cependant, la généalogie linéaire est une impasse qui pèse toujours lourdement sur la paléontologie. Nombre de paléontologues supposent que cette description surestime la diversité des espèces d'hominidés. Ils simplifient souvent le tableau, généralement en regroupant tous les types d'homo du dernier million d'années, voire des deux derniers dans la même espèce : Homo sapiens.

Selon Ian Tattersall et Jay Matternes, en revanche, au moins 20 espèces d'hominidés ont existé. Nous les avons évoquées précédemment, à défaut de les avoir toutes citées. En effet, l'ensemble des fossiles d'hominidés comporte de nombreuses indications morphologiques de diversité que la phylogenèse classique ne prend pas en compte. De plus, on n'a probablement pas encore découvert toutes les espèces d'hominidés. Même si c'était le cas, l'histoire de l'évolution humaine n'est pas la progression régulière d'un héros solitaire, mais plutôt une série d'apparition et d'extinction d'espèces, avec des phases d'expansion et de réduction de populations, comme pour n'importe quel groupe animal ou végétal. Pendant les cinq derniers millions d'années, de nouvelles espèces d'hominidés sont régulièrement apparues, ont coexisté, ont interagi, ont colonisé de nouveaux environnements et ont perduré ou ont disparu. nous n'avons qu'une très vague idée de la manière dont cette histoire s'est déroulée, mais nous sommes sûrs que notre espèce, loin d'être le point culminant de l'évolution linéaire des hominidés n'est que l'une des ramifications de leur arbre évolutif.

En Europe, on a découvert des restes de groupes humains bien différents de ce qui avait été mis à jour jusqu'à présent. Ces ossements, datés de 100.000 ans, c'est-à-dire en pleine ère glaciaire, pour nos régions, furent découverts en quantités très importantes. Cependant, les premières découvertes donnèrent lieu à de grandes discussions car les squelettes mis à jour donnèrent une image bien peu reluisante de l'homme des cavernes. Souvenez-vous du dessin populaire d'un homme des cavernes : petit, voûté, trapu et stupide. Un scientifique anglais, T.H. Huxley osa même dire qu'il préférait avoir pour ancêtre un singe accompli plutôt qu'un "Adam dégénéré" ? Cette image vient de l'interprétation des fossiles de l'Homo neandertalensis, l'homme de Neandertal, mais comme nous allons le voir, elle ne correspond pas à la réalité. Les hommes de Neandertal étaient une espèce cousine de notre espèce "Homo sapiens". Leurs ossements furent découverts pour la première fois en 1856, dans la vallée de Néander, en Allemagne. A l'époque, à la vue de son squelette tordu et déformé, on en vint à le comparer à Quasimodo et on pensa que cet homme n'était qu'une brute courbée traînant les pieds et qui avait l'air bien stupide.


 

Photo L.V.B. "L'Encyclopédie de l'Homme Préhistorique" Editions Gründ
L'Homme de Neandertal.


Cependant, en 1957, de nouvelles études amenèrent de nouveaux éléments. On découvrit que cet homme était mort à l'âge de 40 ans, qu'il avait terriblement souffert d'arthrite et que c'était pour cela qu'il marchait courbé, qu'il était boiteux et que ses dents étaient mauvais état. A ce stade, il pouvait encore à peine marcher. Mais l'étude d'autres fossiles nous prouve maintenant qu'ils étaient loin d'être stupides. Ils étaient un peu plus petits que nous mais ils étaient beaucoup plus forts, avec des muscles puissants et des articulations et des os solides. Leur cerveau était presque comme le nôtre mais il conservait un front plat et incliné ainsi que de fortes arêtes sur les sourcils.

Cela lui donnait un visage assez grossier. Etre en si mauvais état à 40 ans implique que la vie au temps des glaces devait être rude et difficile. Il est vrai qu'à l'époque, l'Europe bénéficiait si on peut dire, d'un climat sibérien allant de -40 à -50 degrés en hiver et approchant le 0 degré en été. Cela nous donnait un pergélisol autrement dit un sol gelé en permanence sur de grandes profondeurs comme on peut l'observer encore aujourd'hui en Sibérie.


 

Photo L.V.B. L'Encyclopédie de l'Homme Préhistorique" Editions Gründ
L'Homme de Neandertal dans sa réalité biologique : arthritique et boiteux à cause des effroyables conditions climatiques au cours des glaciations.


 

Dessin Noëlla Wébert
Le froid intense lors des glaciations a rejeté l'homme du Paléolithique dans les grottes et les cavernes.


Ici j'aimerais encore ouvrir une parenthèse en vue de corriger une aberration qu'on a enseignée à tous les enfants, qu'on m'a enseignée et que parfois on enseigne encore. Cette histoire que l'homme préhistorique de cette époque creusait des trous dans le sol, les recouvrait de branchages afin d'y faire tomber un mammouth. L'idée du piège n'est pas mauvaise mais il se pose un problème : comment l'homme va-t-il pouvoir creuser un trou de cette taille dans un sol gelé sur plusieurs mètres de profondeur sans disposer d'une pelle mécanique ou de dynamite ? Impossible. Tout cela n'a donc tout simplement pas existé. Qu'il ait poursuivi des animaux près des pentes abruptes des falaises le long de la Meuse et de ses affluents en vue de les faire tomber au bas des rochers, je l'admets et je le conçois aisément mais le fait de creuser des pièges a été impossible.

Ce climat rude, inhospitalier, a rejeté les êtres humains de l'époque dans les grottes ou aux abords de celles-ci. Nous savons maintenant qu'ils savaient tailler le silex avec dextérité , qu'ils vivaient en communauté et que certains groupes ont même été cannibales.

L'homo neandertalensis, que nous appelons l'Homme de Neandertal disparut il y a 50.000 ans, supplanté par un autre homme, plus grand, plus élancé : l'Homme de Cro-Magnon. Les grottes furent colonisées par ce nouvel homme. Ce dernier maîtrise à fond la technique de taille du silex et en tire armes et outils en tous genres.

Il utilise le feu et le produit, il utilise les éléments de la nature comme l'ocre, la suie et la glaise pour peindre sur les parois des grottes. Il peint les animaux qu'il voit et qu'il chasse : le mammouth, le bison, le renne, le loup et bien d'autres animaux encore..., il s'occupait de ses malades, il enterrait ses morts dans les grottes.


 

Dessin Noëlla Wébert
L'homme "moderne".


De cet homme, nous pouvons maintenant, à la lumière des dernières découvertes, tenter de dresser un portait. Son physique, son mode de vie, ses habitudes...

 


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Luc Van Bellingen

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