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Le Couvinien inférieur (Emsien) et les couches antérieures
Dans ce chapitre, je vous présenterai les différents sites prospectés dont la localisation se situe dans les couches de l'Emsien, couche par couche, de manière chronologique mais en vrac, minéraux et fossiles ensembles. Une étude détaillée des minéraux et des fossiles sera entreprise dans les chapitres suivants.
Avant d'aller plus loin, il me faut faire une mise au point géologique.
Les formations emsiennes du bord sud du Synclinorium de Dinant sont constituées d'une alternance de schistes. Dans un premier temps, l'Emsien me semble transgressif sur le Praguien, mais j'ai pu observer des caractères régressifs qui vont aller en augmentant jusqu'à la fin du Dévonien inférieur.
J'ai pu dénombrer sept formations qui sont successivement
Depuis la région de Hampteau jusqu'au voisinage de la faille de Xhoris, la Formation de Hampteau, constituée de grès, de grès graveleux, de conglomérats, de shales et de siltites rouges ou verts s'intercale entre les Formations de Saint-Joseph et de Chooz. Cette formation de Hampteau est donc un synonyme de la Formation de Hierges pour l'Est de la Belgique
Mais venons-en à nos observations sur le terrain...

Formation de Bure
Membre de l'Eau Noire
650 Coac Calcaires et schistes gris verts avec nodules de calcaire argileux
F : Dielasma loxogonia De Marche en Famenne à La Roche en Ardenne par la N888, à hauteur de la borne 28 à droite de la route, une petite carrière dans l'Emsien permettait l'extraction du grès et/ou quartzite pour la construction. Des niveaux de schiste très ferrugineux (de couleur rouille) nous donnent la possibilité de récolter des Brachiopodes, des trilobites et des crinoïdes dans un état de conservation très limite. Cependant, en creusant une cinquantaine de centimètres dans les schistes, ceux-ci ne semblent plus altérés et les fossiles sont alors de très bonne qualité, surtout au joints de stratifications séparant les schistes des grès, avec, à la clé de très beaux brachiopodes et de superbes trilobites
Formation de Bure
Membre de l'Eau Noire
640 Coab Schistes calcareux Nous sommes toujours à Vierves, au nouveau rond point qui mène au
contournement de la localité. Nous empruntons la route qui mène au parc à containers. Avant d'y arriver, nous trouvons à notre droite un hangar du "Service Travaux" de l'entité de Viroinval.
Des travaux de fondation ont été entrepris pour la construction d'un nouvel
hangar.
Les fondations ont mis à nu des couches de schistes calcareux gris - vert
séparés par des couches de calcaire d'un bleu - noir sur cassure fraîche et
prenant une patine brune avec le temps (Ce calcaire est donc légèrement
argileux). Les couches sont pratiquement verticales et se délitent facilement au
marteau. Certaines couches sont pratiquement stériles alors que d'autres
regorgent d'une faune excessivement variée :
Photo L.V.B. Photo L.V.B.
Formation de Bure
Membre de St Joseph
630 Coaa Grauwackes, schistes gréseux
gris-verts avec calcaire coquiller généralement clair parfois gréseux
Nous sommes sur la route Couvin-Nismes-Treignes. A Treignes, nous prenons la direction de Vireux. Juste après le village de Mazée, nous passons la frontière et nous entrons en France. Juste à la frontière, à gauche de la route, nous trouvons le lieux dit : le " mur des douaniers , site bien connu de tous les chasseurs de trilobites et qui a été
échantillonné par de nombreux géologues amateurs et professionnels mais aussi et malheureusement par de soi-disant
géologues mais qui n'étaient en fait que des marchands sans scrupules seulement
animés par l'appât du gain. Depuis 1991, ce site est devenu une réserve naturelle. Ce banc de schistes Emsiens a livré en son temps de nombreuses espèces de trilobites d'un état de conservation impeccable ainsi que de très beaux brachiopodes.
Et pour
quelques mauvaises nouvelles de plus... José Dehove va plus loin encore dans cette réflexion...
Essai sur la protection des fossiles, minéraux et
sites Didier
Lelubre donne son avis sur la question Nous sommes sur la route Couvin-Nismes-Treignes. A Nismes, juste en face de l'entrée principale de la localité, on prend à droite en direction du moto-cross. Tout au fond du circuit se trouvent les couches qui nous intéressent. Ce sont des calschistes gris-bruns. Plus vers l'entrée, se trouvent des couches de calcaire bleu noirs faisant partie de la formation de Couvin. C'est à cette subdivision qu'elles seront décrites. Mais revenons à notre banc de schistes calcareux. Il possède des strates bien distinctes. Les couches nous ont livré des Gastéropodes striés du genre Euomphalopterus
subalatus et quelques Brachiopodes spiriféridés. Notons la présence de quelques coraux et crinoïdes indéterminés.
Site 650.001 à prospecter : L'ancienne carrière de Grimbiémont
Site 640.001 à prospecter : Le bassin de natation de Couvin
A Couvin, nous prenons la direction de Rocroi par la N5. Nous voyons une plaque qui nous indique "Rocroi 15". Nous prenons à droite puis la 1ère à droite. Nous nous garons près du bassin de natation. Nous traversons l'Eau Noire et descendons le cours de la rivière. Nous sommes devant des schistes séparés par du calcaire. Depuis le Cambrien, c'est une nouveauté.
Site 640.002 à prospecter : Un nouveau site inédit à Vierves sur Viroin ( juin 2001 ).





Site 630.001 à prospecter : Lesterny
Nous sommes dans le village de Lesterny et nous en sortons en direction de Masbourg. La route descend en pente raide en direction de la Lomme . Dans le talus gauche de la route, on peut voir les couches emsiennes avec des schistes calcareux riches en spiriféridés.
Site 630.002 à prospecter : Le mur des douaniers de Vireux







Site 630.003 à prospecter : Le moto-cross de Nismes
Calshiste du Membre de Saint Joseph
Photo L.V.B.

Formation de Hierges appelée Formation de Wiltz pour le massif de l'Eifel
620 Coa Schistes, quartzites grauwackes
fossilifères verts à bruns avec Spirifer subcuspidatus et Spirifer
arduennensis
Site 620.001 à prospecter : Les schistes du viaduc de Thanville
Sur la route Hastière-Beauraing-Bouillon, nous croisons, juste après la ville de Beauraing, le viaduc de Thanville. De part et d'autre de cet ouvrage d'art, dans les schistes qui bordent la route et le chemin de fer, nous pouvons trouver de beaux spiriféridés souvent en moules internes.
Schistes de la formation de Hierges
Photo L.V.B.
Nous sommes à Fourmies. A la sortie de cette ville, la route d'Avesnes est bordée de hauts talus où affleure l'Emsien moyen. Au niveau du grand carrefour des routes vers Fourmies, Wignehies et Avesnes, on suit une bande de circulation à sens unique, en direction d'Avesnes, qui est bordée par un long et important affleurement de roches à teinte dominante lie-de-vin. Sur la droite, du Sud au Nord, nous découvrons une alternance de quartzites verts ou gris-vert et de fines couches de schistes verts. Ceux-ci sont surmontés par des schistes lie-de-vin, feuilletés, se débitant en petits morceaux. Nous voyons ensuite des grès et des quartzites gris-vert ou gris, légèrement rougeâtres, des quartzites vert foncé et des intercalations de schistes verts, puis des quartzites rouge violacé. A cette série fait suite un ensemble de schistes rouges et verts assez friables, où la teinte rouge domine. Ils sont séparés d'un nouvel ensemble de schistes lie-de-vin par des quartzites violacés, montrant une patine rouge (d'altération) très marquée. Après les quartzites rouge violacé, un hiatus ne laisse apparaître que quelques traces de psammites jaune verdâtre, altérés qui se désagrègent facilement. Les psammites sont des grès qui se débitent en lamelles, à cause de la présence de très fins lits de mica : ces minuscules cristaux brillants sont bien visibles sur les faces de clivage de la roche. Après l'interruption de l'affleurement, nous voyons successivement : des schistes lamellaires vert clair, des quartzites gris-vert avec parfois une patine d'altération rose, des schistes lamellaires verts, des quartzites et des grès foncés, gris-vert, avec des niveaux graveleux gris foncé, des quartzites micacés rouges et verts, des grès rouge violacés. Cet affleurement long de plusieurs centaines de mètres nous montre de nombreux exemples de roches sédimentaires (schistes, grès, quartzites, psammites) d'une très large variété de teintes d'altération ou non. Il constitue un bel exemple du niveau des roches rouges de Chooz et de Winenne qui caractérisent l'Emsien moyen de notre région.
Nous nous rendons dans le village d'Anor. Au centre du village, nous suivons la route d'Ohain. A moins d'un kilomètre, une montée en virages s'annonce entre deux talus. De part et d'autre, affleure la
Formation de Vireux, représentée par la Grauwacke, schistes, psammites et grès de Montigny sur Meuse
avec de nombreux fossiles : des brachiopodes divers en moules internes, (Brachispirifer Carinatus, Athyris Avirostris, Proschizophoria Personata, Schizophoria Vulgaria, Meganteris Ovata...
ainsi que des empreintes internes et externes de coraux rugueux solitaires et le
fameux Corail Chlorodictium Problematicum, un corail vivant sans doute en symbiose avec un ver.)
Les lits de fossiles sont presque verticaux et s'enfoncent perpendiculairement
dans le talus. L'aspect de la Grauwacke de Montigny est assez
particulier : ce sont des schistes et des quartzites verts avec une patine rouillée, due aux oxydes de fer.
Praguien (anciennement Siegenien) Assise d'Anor et de Bastogne 560 Cb1a Grès
De Couvin, nous prenons la direction de Rocroi par la N5 et nous nous garons sur le 1er parking à gauche de la route. Là, un sentier à peine visible nous conduit par un escalier et une rampe à travers champs jusqu'au bord de l'Eau Noire. Là, une petite route forestière nous permet d'observer dans le talus le Grès d'Anor.
Sur la route Chimay-Couvin, en direction de Couvin, nous prenons à droite en direction de Gonrieux, Presgaux puis vers Brûly de Pesche et Cul des Sarts. Après le pont du chemin de fer, à gauche de la route, nous pouvons observer le Dernier Affleurement d'Arkose, totalement détritique avec des feldspaths en décomposition argileuse, des veines de Quartzite et des sels de fer. Il s'agit des derniers niveaux d'arkose vraie indiquant les tous derniers sédiments provenant du massif de Rocroi qui finit de s'éroder. Après ce moment il aura complètement disparu.
A Couvin, nous prenons la direction Nismes-Treignes. A Pétigny, nous prenons la direction du barrage du Ry de Rome. Nous garons les voitures au parking visiteurs et aux abords du barrage, nous pouvons observer des affleurements de Schistes de St Hubert avec Grès, Quartzite et sels de fer (Limonite, Goetite et Hématite).

Grès avec sels de fer
Photo L.V.B.


De Chimay à Seloignes par la N99, à proximité de l'étang d'Oise, au pied du pont du déversoir, qu'enjambe la route Seloignes à Cendron.
A hauteur de l'étang, la route passe sur l'ancienne digue, puis enjambe la
rivière. Le pont est construit sur une alternance de schistes verts et de gros
bancs de quartzites verts. L'aspect général rappelle les schistes d'Oignies mais
la teinte, au lieu d'être plus rouge que verte est plus verte que rouge, ce qui
nous rapproche des schistes de Saint Hubert.
A Couvin, nous prenons la N5 en direction de Rocroi. A 2-3 km de Couvin, nous trouvons un affleurement des Schistes Bigarrés d'Oignies dont la couleur dominante est le rouge avec des passées vertes. Ces schistes ne présentent pas de fossiles.
De Mondrepuis à Anor. A 1500 m au sud d'Anor, nous prenons à droite en direction des étangs Milourd. Arrivés à l'étang, nous prenons à droite un sentier forestier. Nous garons les voitures sur la droite de la route un peu après le parking interdit avec de gros blocs de calcaire. Un affleurement intéressant se trouve à droite de la route en descendant à une centaine de mètres. Il s'agit des Schistes et Quartzites de Mondrepuis. Il s'agit en fait d'un mélange de Quartz et d'Argiles intimement liés donnant une espèce de Quartzite feuilletée dans lesquelles on a retrouvé de petits fossiles de poissons ostracodermes (très très rares).
De Chimay vers Couvin par la N99; nous prenons en direction de Baileux par la N589 vers Rièze, Rocroi et Cul-des-Sarts. Nous progressons sur cette route sur 3 à 4 km jusqu'au lieu-dit "Forge Petit Jean", au-delà de la borne kilométrique 29. Au niveau d'un carrefour où est aménagée une aire de pique-nique. Nous garons la voiture à cet endroit. Nous revenons sur nos pas, à pied le long de la route N589, sur la gauche, en direction de Baileux. Après un virage vers la gauche, s'amorce une longue descente. 25m avant la borne 28.4, nous rencontrons des schistes et des grès verdâtres. Les schistes sont grossièrement feuilletés, légèrement micacés. Des passées brunâtre, altérées, montrent des niveaux fossilifères, avec des empreintes de Brachiopodes. Nous sommes en présence des quartzophyllades et schistes fossilifères de Mondrepuis (parfois fossilifères car on y a découvert des brachiopodes mais aussi des restes de poissons cuirassés !!)
A Fépin, prendre à droite vers Le Mesnil et Oignies en Thiérache. Après plus ou moins 1 km, nous trouvons à gauche de la route une carrière. Cette carrière est ouverte dans l'arkose d'Haybes reposant directement sur le Cambrien qui affleure un peu plus au Sud; le contact discordant n'est toutefois pas visible. L'assise de l'arkose d'Haybes est constituée ici de bancs d'arkose grossière à prismes roulés de tourmaline et de couches lenticulaires de schistes noirs qui ont livré plusieurs fossiles (Pterygotus rhenanius (Agassiz), Lingula minima (Sowerby) et débris de plantes diverses) permettant de leur assigner un âge Ludlovien supérieur (Silurien supérieur) bien que traditionnellement, l'arkose d'Haybes soit placée à la base du Gedinnien (Dévonien inférieur). L'arkose d'Haybes jalonnant le bord sud du synclinorium de Dinant, forme des entablements du mont devant Haybes à quelque 250 m au-dessus du niveau de la Meuse. Les couches inclinent de 25 à 35° vers le Nord, quelques failles à faible rejet affectent ces formations dont l'épaisseur peut atteindre une trentaine de mètres.
En face de l'entrée de la carrière et de l'autre côté du chemin, on découvre le panorama de la rive droite de la Meuse dominé par la Roche à Fépin. Entre les carrières des Hairies au Nord et la Roche à Fépin au sud, les couches de base du Gedinnien sont d'abord faiblement inclinées vers le Nord, on les suit dans les parties inférieures des collines ou les gros blocs blancs d'arkose forment des entablements plus ou moins horizontaux et se rapprochant de la Roche à Fépin, les couches sont d'abord redressées, plissées en chaise puis renversées. La Roche à Fépin, point culminant de la rive droite est entièrement constitué d'arkose et de poudingue en allure renversée. Sous les couches dévoniennes, les phyllades et quartzites cambriens appartenant au flanc sud de l'anticlinal d'Haybes inclinent de 20° vers le Sud soulignant ainsi d'une façon très nette la discordance de l'Ardenne au bord Nord du Massif de Rocroi. Tout ceci est bien visible et surtout observable sous l'éclairage favorable de l'après midi.Non loin de là, une carrière montre des couches intéressantes. Les couches que nous pouvons observer, au départ horizontales, ont été plissées par le plissement Calédonien et on peut les observer presque verticales. Nous avons une successions de couches allant du sud vers le nord avec du Poudingue de Fépin (béton naturel avec galets roulés. Si les galets ne sont pas roulés et possèdent des côtés anguleux, on aura une Brêche), de l'Arkose d'Haybes (grès à gros grains de plus de 1mm avec des grains de Tourmaline (grains noirs) et des Feldspaths (grains blancs) ce qui prouve qu'elle provient de la désagrégation d'un massif volcanique. Ici, en l'occurrence, ce fut le massif de Rocroi où des volcans se sont développés dès le Cambrien.
Au départ de la place de Fumay, se diriger vers la gare en suivant la rue J.B. Clément, puis emprunter la rue de La Paix qui se dirige vers la fonderie Bidez-Haller (laisser les voitures à proximité de la fonderie).
Lorsqu'on monte vers le haut quartier de Fumay en suivant le sentier qui passe devant le trou Gigot, on peut observer quelques affleurements de phyllade vert et gris vert de la base de la formation de transition (RV1a).
Derrière la fonderie Bidez-Haller les phyllades gris vert passant vers le haut à des phyllades noirs avec petits bancs subordonnés de quartzite gris.
On poursuit la coupe le long du chemin de halage dans les escarpements de la rive gauche du fleuve, formant le Rocher de l'Uf dont le soubassement est constitué par la partie supérieure de la Formation RV1a presque essentiellement phylladeuse (phyllades noirs, parfois micacés avec bancs de quartzites noirs subordonnés de quelques cm);
La série RV1a est couronnée par une veine ardoisière noire peu épaisse (3,5 m) anciennement exploitée à l'ardoisière des Peureux dont la galerie d'accès bien visible a servi de poudrière.
Immédiatement au-dessus de la veine des Peureux (RV1b) et en concordance, repose la Formation de la Roche à Sept Heures (RV2a) constituée de bancs de quartzite gris microconglomératique de 0,5 à 2 m d'épaisseur alternant avec des couches décimétriques de phyllade noir ardoisier.
A 350m au Sud-Est du passage à niveau de la route de Revin aux Dames de Meuse, et toujours le long de la route, une ancienne carrière dégage sur un front de près de 100m le sill de diabase du Mont Malgré-Tout. Epais de 5m, le sill est enclavé dans les phyllades micacés RV3 à quelques 200m au dessus de la veine de la Folie RV2b. Par sa teinte claire, la roche éruptive tranche sur les phyllades noirs encaissants. La texture revêt un double aspect : le coeur du sill est massif tandis que près des épontes, sur une épaisseur de 0,5 à 1m, la roche est affectée d'une schistosité dont les joints sont parallèles au clivage de flux des phyllades encaissants. Au toit de l'intrusion magmatique, les phyllades sont séricitisés sur quelques centimètres.
La roche éruptive à structure ophitique est essentiellement composée d'albite, de calcite, de chlorite, de quartz et accessoirement de sulfures parmi lesquels domine la pyrite. Elle est traversée de veinules où les cristallisations nettement hydrothermales (quartz, calcite, chlorite) sont plus largement développées. La teinte claire de la roche assez anormale pour une diabase, résulte des conditions particulières de cristallisation ayant permis à la chaux de s'exprimer dans la calcite et non, comme c'est habituellement le cas, dans un silicate ferromagnésien comme l'épidote ou la hornblende.(Laisser les voitures à l'entrée du pont d'Orzy. En face du pont, rive droite, un sentier assez abrupt conduit à la carrière).
La carrière est ouverte dans les quartzites et les phyllades de la partie inférieure de la formation de la Petite-Commune (RV4), au flanc nord très plissoté du synclinal d'Orzy. La coupe offerte par l'ancien front d'exploitation permet d'observer le premier gros banc de quartzite choisi comme limite inférieure conventionnelle de la formation RV4. Au-dessus viennent de plus minces bancs de quartzite noir à gros grains alternant avec des phyllades dont certains sont très grossiers et truffés de larges paillettes de séricite détritique étalées sur les plans de schistosité parallèles à la stratification.
L'extrémité orientale de la carrière est coupée par une faille transverse, la faille du mont Malgré-Tout qui incline vers le Nord-Est de 30° environ. Pour l'observer, il faut grimper jusqu'au sommet de la carrière dans l'angle nord de l'exploitation. La faille sépare un ensemble plus phylladeux au Nord-Est de l'ensemble plus quartzitique exploité dans la carrière. Au contact de l'accident, les quartzites du panneau méridional sont ployés transversalement en un synclinal dont le flanc oriental est rebroussé à contre pente. En outre, le miroir de faille, bien visible, porte de profondes stries de glissement horizontales.(Après avoir franchi la Meuse au pont d'Orzy, se diriger vers le hameau de Saint-Nicolas en empruntant la route de Revin à Rocroi. Laisser les voitures sur le terre-plein entre la Meuse et le ruisseau de Faux le long du chemin qui conduit à la centrale de Revin).
La diabase de Saint-Nicolas affleure dans une ancienne carrière à flanc de coteau située à 200 m au Nord du pont sur le ruisseau de Faux, à hauteur du 4ème pylone de la ligne électrique en partant du pont. Un sentier encombré de nombreux débris de roche éruptive, permet d'y accéder aisément. La roche de teinte vert sombre forme un sill de 4 m d'épaisseur interstratifié dans les phyllades micacés de la formation RV3. La structure massive sur une puissance de 3 m au coeur de l'intrusion, devient schisteuse à l'éponte. Les phyllades au toit sont séricitisés et chloritisés sur quelques cm.
La roche magmatique est essentiellement composée d'albite, de chlorite et d' épidote, accessoirement de quartz, de calcite, de sphène, de pyrite, de pyrrhotite et de chalcopyrite. Toutefois, dans la diabase schisteuse la calcite plus abondante confère à la roche un aspect plus leucocrate rappelant celui de la diabase calcitique du Mont Malgré-Tout.
Prolongement occidental du sill du Malgré-Tout, la diabase de Saint-Nicolas occupe la même position stratigraphique sur le même flanc nord du synclinal d'Orzy. D'une façon plus précise, le sill de Saint- Nicolas se trouve à quelque 150 m au-dessus de la veine ardoisière de la Folie (RV2b) qui affleure au pied de la centrale et sous le niveau quartzitique de la Crapaude-Pierre anciennement exploité sur la rive gauche du ravin de Faux.(Après avoir franchi la Meuse au pont d'Orzy, se diriger vers le hameau de Saint-Nicolas en empruntant la route de Revin à Rocroi. Laisser les voitures sur le terre-plein entre la Meuse et le ruisseau de Faux le long du chemin qui conduit à la centrale de Revin).
La Roche à Faux, sur la rive droite du ruisseau de Faux est entaillée par la route de Revin à Rocroi. Les deux parois de la tranchée montrent les phyllades micacés et les petits bancs de quartzite constituant la série alternante de la formation RV3 au-dessus du niveau de la Crapaude-Pierre et toujours au flanc nord du synclinal d'Orzy. Dans la partie inférieure de la série quartzophylladeuse, soit à une cinquantaine de mètres au Sud-Est de l'entrée du ravin de Faux s'intercale un sill de diabase calcitique épais de 0,80 à 1m. Sa teinte claire est due à l'absence d'épidote, la roche étant composée de quartz, d'albite, de chlorite et de calcite. Contrairement au sill de Saint-Nicolas dont l'extension Est-Ouest est connue sur plusieurs km, le sill de la Roche à Faux a une extension Est-Ouest très réduite mais par contre il s'étend plus largement vers le Sud où il affleure notamment dans le ravin de la Pile.De Saint-Nicolas par la route de Revin à Rocroi, suivre vers Anchamps. C'est une bonne route asphaltée mais étroite et à forte pente seulement accessible aux voitures et aux petits cars. Se garer en face de l'ancien moulin de la Pile.
A partir de la deuxième cascade les deux rives et le lit de la Pile laissent affleurer des phyllades noirs micacés alternant avec de petits bancs de quartzite noir de la série RV3c. Les couches appartiennent au flanc sud de l'anticlinal d'Anchamps.
A hauteur de la première cascade et sur le flanc oriental du ravin, on peut observer une intrusion de diabase calcitique de 2 à 3 m d'épaisseur qui incline vers le Sud de 30 à 35° et qui recoupe nettement les phyllades et quartzites; c'est le seul point connu dans le massif de Rocroi où l'on peut observer un contact discordant de l'intrusion avec les roches encaissante.
A hauteur du réservoir de l'ancien moulin, on note quelques bancs de quartzite plus épais (1 à 2 m) appartenant au niveau de la Crapaude- Pierre (RV3b).
On poursuit la coupe le long de la route d'Anchamps en se dirigeant vers Revin. En montant la route on observe d'abord un ou deux bancs de quartzite noir dans des phyllades micacés (RV3b) un peu moins inclinés. C'est la retombée nord de l'anticlinal d'Anchamps qui apparaît fortement déversée vers le Nord. A 100 m environ au Nord du pied du raidillon, on observe, enclavé dans les phyllades micacés, un sill de diabase calcitique de 1,5 m à 2 m de puissance; c'est la diabase du moulin de la Pile au flanc nord de l'anticlinal où ses contacts avec les roches encaissantes sont ici nettement concordants. Le sill est interrompu par une faille qui s'infléchit au mur du sill pour prendre une allure subparallèle à la schistosité. Au-delà de la faille, le long de la route, on n'observe plus qu'une alternance de phyllades micacés et de petits bancs de quartzite noir.
Pour pouvoir estimer le rejet de la faille,. il faut revenir sur ses pas jusqu'au pied de la pente et répéter la coupe le long de la voie du chemin de fer. On note d'abord la présence de bancs de quartzite de la Crapaude-Pierre au sein d'une série de phyllades sériciteux, puis, à l'extrémité de la tranchée, à une vingtaine de mètres au Sud d'un petit ravin, on observe la diabase de 2 mètres de puissance enclavée en sill dans les phyllades : le rejet apparent horizontal est de 120 m tandis que le rejet vertical peut être estimé à 80 mètres environ. La faille qui interrompt les couches et le sill est un accident satellite d'une faille plus importante, la faille de la Pile, parallèle à la première et située à une centaine de mètres à l'Ouest.
De l'ancien moulin de la Pile, suivre la rive droite de la Meuse jusqu'au pont des Dames de Meuse. Laisser les voitures près du pont, rive droite. Descendre le talus de la pile du pont pour atteindre le chemin de halage et se diriger à pied vers le pont du chemin de fer.
Le site se situe à flanc de coteau sur la rive droite du fleuve à 260 m au Nord du pont routier. Un sentier permet d'atteindre aisément l'ancienne carrière où l'on a exploité le sill de microgranite de Laifour sur un front de 150 m de longueur parallèle à la pente de la colline. Le sill, épais de 4 à 5 m, est enclavé dans les phyllades noirs micacés alternant avec les bancs de quartzite (0,1 à 1 m) noir de formation RV3 au flanc nord du synclinal de la Grande-Commune. On peut encore préciser davantage la position stratigraphique du sill puisque le premier gros banc de quartzite de 5m formant la base de la formation RV4 affleure à une soixantaine de mètres au Sud. Le sill de Laifour se trouve donc à une quarantaine de mètres sous la limite RV4 - RV3. Le microgranite, d'aspect leucocrate, a une texture porphyrique soulignée par les phénocristaux centimétriques de quartz et d'albite dans une pâte microgrenue. Au toit de l'intrusion, sur 1 mètre d'épaisseur, la texture est nettement schisteuse. Une particularité du sill de Laifour est de contenir une enclave lenticulaire de diabase que l'on suit sur toute la longueur du front d'exploitation. Située à environ 2 m du toit de l'intrusion, l'enclave diabasique épaisse de 1,5 m au niveau inférieur de la carrière s'effile vers le sommet où elle n'a plus que 50 cm. Le microgranite de Laifour est d'un type sodique accusé et se compose de quartz, d'albite, de séricite et de chlorite. Les phénocristaux de quartz, et d'albite sont noyés dans une pâte microlitique à microgrenure de composition quartzo-albitique.Le site se situe à Laifour, en face de la Grande-Commune, là où la route atteint le sommet de la côte avant de plonger vers le ravin de Lembrèque au Sud.
a) La tranchée de la route recoupe d'abord une série de phyllades micacés et de quartzophyllades grossiers avec quelques bancs de quartzite en alternance. Ce sont les quartzites et phyllades de la partie inférieure de la formation RV4 au flanc sud du synclinal de la Grande-Commune. A l'extrémité Nord de la coupe quelques bancs de phyllades renferment sporadiquement quelques cristaux millimétriques et aciculaires d'ilménite que l'on n'observe bien qu'à la loupe et sur cassure fraîche de la roche normale au clivage schisteux. Ces porphyroblastes d'ilménite traduisent les premiers effets d'un métamorphisme dont l'action s'intensifie vers le Sud.
b) Dans les phyllades micacés, s'intercale un sill de diabase épais de 10 mètres à texture massive sauf sur une bande de 1 m à chacune des épontes où la texture est schisteuse. La diabase de teinte vert-sombre contient de l'albite, du quartz, de la hornblende, de l'épidote, de la chlorite, du sphène, de la pyrite et de l'ilménite.
c) En poursuivant la coupe vers le Sud, on observe le premier gros banc de quartzite de plus de 5 m formant la base de la formation RV4. Il est plissé en "chaise" comme c'est fréquemment le cas au flanc sud du synclinal.
d) Après quelques mètres de phyllades grossiers on observe un sill de microgranite épais de 10 m à texture porphyrique soulignée par les phénocristaux de quartz et d'albite, doublée aux épontes (sur 2 mètres) d'une texture schisteuse marquée par l'orientation des feutrages de séricite. C'est le microgranite sodique de la Grande-Commune, réapparition, au flanc sud du synclinal, du microgranite de Laifour. Les deux sills ont en effet la même composition chimique et minéralogique et occupent la même position stratigraphique au sommet de la formation RV3.
Au contact du granite, les phyllades au toit, truffés de microlites d'albite sur 1 m d'épaisseur, prennent une teinte plus claire et une structure plus massive.
e) Au toit du sill, la coupe se poursuit par une alternance de phyllades sériciteux et de quartzites où s'intercale un filon de quartz de 10 à 20 cm d'épaisseur à pyrite.
Lorsqu'on compare le flanc nord au flanc sud du synclinal de la Grande-Commune, on remarque que l'intrusion diabasique n'occupe pas la même position stratigraphique : au flanc nord, la diabase et le microgranite forment un seul sill complexe au sommet de la formation RV3; au flanc sud, le sill de diabase se localise à la partie inférieure de la formation RV4 soit à quelque 35 m au-dessus du sill de microgranite. De telles modalités de gisement soulignent le caractère intrusif des corps magmatiques.
Le panorama de la rive droite du fleuve entre le ravin de la Petite-Commune au Nord et celui de la Pilette au Sud permet de localiser dans le paysage le passage de la faille de la Grande-Commune.
Au Nord, on distingue le synclinal de la Grande-Commune, le plus profond du massif de Rocroi, dont l'axe suit à peu près le ruisseau de la Petite-Commune. Sur les deux flancs de la vallée affleurent les formations RV4 dont les gros bancs de quartzite en plateures au Nord et en dressants plissés au Sud, forment les saillies des collines.
A hauteur de la Grande-Commune et en face du point de vue, émerge l'anticlinal d'Eteignières axé sur la formation RV3 et dont les deux flancs sont soulignés par les premiers gros bancs de quartzite RV4 dont on peut suivre l'allure dans la montagne. La retombée sud de l'anticlinal d'Eteignières laisse affleurer les quartzites RV4 anciennement exploités dans les grandes carrières étagées sur le versant nord du ravin de la Pilette. Sur les quartzites RV4 reposent anormalement les phyllades RV3 appartenant au flanc nord du synclinal du ravin de Mairupt. Le contact anormal jalonne le passage de la faille de la Grande-Commune connue dans le massif de Rocroi, sur un parcours de plus de 36 kms depuis Maubert-Fontaine à l 'Ouest jusqu'à la vallée de la Hulle à l'Est.
Le chevauchement S-N le long de la faille, variable suivant les endroits, peut être estimé à 2 kms dans la vallée de la Meuse. La faille sépare l'autochtone au Nord d'un massif chevauchant au Sud appelé Massif de Deville.Laisser les voitures près de la bifurcation vers le chemin de halage et la fonderie de Mairupt. Se diriger à pied vers l'entrée du ravin de Mairupt en suivant la grand'route.
Tout en marchant vers l'entrée du ravin de Mairupt, on peut observer les phyllades micacés de la formation RV3 affleurant dans la paroi de la route et appartenant au flanc nord du synclinal du ravin de Mairupt. A 150 m au Sud du point de départ, quelques bancs de quartzite de 1 à 2 m d'épaisseur marquent le passage du niveau de la Crapaude Pierre (RV3b). Quelques mètres au-delà, on atteint le ravin de Mairupt creusé parallèlement aux couches. En suivant la rive gauche du ravin, on arrive, 200 m à l'amont, au gîte célèbre de la "porphyroïde de Mairupt". Il s'agit d'un sill de microgranite épais de 10 mètres enclavé dans les phyllades RV3 au-dessus du niveau de la Crapaude-Pierre. La roche, massive au coeur de l'intrusion est schisteuse près des épontes sur une épaisseur de 0,50 m. Les phénocristaux de quartz d'un bleu améthyste, de microcline maclé "Carlsbad" et d'albite sont dispersés dans une pâte de cristallisation plus tardive de nature quartzo-albitique et à texture microlitique. La muscovite et la biotite sont fréquentes. Cette dernière étant particulièrement abondante au voisinage des enclaves diabasiques ou phylladeuses truffées de lamelles de biotite et de petits cristaux prismatiques d'albite.
Alors que le microgranite de Laifour est sodique, celui de Mairupt est potassique, tendance qui est soulignée par la présence du microcline et par un pourcentage de la roche en K20 nettement plus élevé.
Après avoir rejoint la route, on gagne la voie de chemin de fer en dévalant le ravin par un sentier qui passe sous le pont routier. Contre la voie du chemin de fer (à 20 m au Sud de la borne 165), on revoit le microgranite de Mairupt dans le prolongement oriental de l'affleurement 180.009.
Après avoir passé la voie du chemin de fer on atteint le chemin de halage en face des forges de Mairupt et on peut observer un second affleurement de microgranite.
Le site se trouve sur le chemin de halage à 250 m au Sud du ravin de Mairupt. Il permet d'observer une nouvelle fois le microgranite de Mairupt mais au flanc sud du synclinal et à l'Est d'une faille qui interrompt l'alignement du sill.
Le microgranite affleure sur une largeur de 3 à 4 m et sa structure est remarquable par les dimensions pugilaires des phénocristaux de microline albitisé dont l'oblitération des arêtes et des sommets conduit à des contours arrondis. La teinte bleutée du quartz est bien visible. La teinte foncée de la pâte albitique résulte de l'assimilation d'enclaves de diabases. L'éponte méridionale du microgranite est d' ailleurs constitutée d'un sill de diabase. Près du contact avec le granite, la diabase, très laminée prend l'aspect d'un chloritoschiste à biotite et amphibole où les macrocristaux de quartz et d'albite soulignent l'apport granitique.
La coupe de Laifour au ravin de Mairupt est particulièrement intéressante pour l' étude des diabases et des microgranites. Elle permet notamment de constater la fréquente association des diabases et des microgranites dans leur gisement, d'étudier les contacts des deux roches conduisant à la conclusion que les intrusions granitiques ont suivi de près la consolidation des diabases.
La même coupe a encore permis de distinguer les deux types de microgranites, l’un à tendance potassique à cristaux de microcline et d’albite et l’autre à tendance sodique à albite seule.
Site 180.011 à prospecter : La Roche-à-Sept-Heures
Pour rejoindre le site, emprunter la route conduisant au point de vue de "la Roche-à-Sept-Heures". Laisser les voitures au lieu de stationnement aménagé en face du point de vue.
a) L'ardoisière du Terne.
Avant d'aller au point de vue, on se rend à l'ancienne ardoisière du Terne située à une cinquantaine de mètres au Nord de la Roche-à-Sept-Heures.
L'ancienne ardoisière est ouverte dans la veine noire de la Folie (RV2b) au flanc sud déversé du synclinal du ravin de Mairupt. L'ardoise est truffée de petits cristaux aciculaires d'ilménite, visibles à la loupe et sur cassure fraîche de l'ardoise normalement au feuillet. Il s'agit là d'un faciès métamorphique de l'ardoise qui tend à se généraliser dans la partie méridionale du massif de Rocroi.
L'observation microscopique permet de constater que les porphyroblastes d'ilménite sont orientés d'une façon quelconque dans la roche. Les aiguilles disposées normalement à la schistosité sont entourées d'un halo de décollement ce qui implique l'antériorité du métamorphisme vis-à-vis du clivage schisteux. La néogenèse d'ilménite typique de l'épizone métamorphique implique pour l'ardoise une teneur suffisante en TiO2 allant de pair avec une déficience relative en Al2O3.
b) Panorama de la Roche-à-Sept-Heures.
On se rend ensuite à la Roche-à-Sept-Heures, épaulement de quartzite gris microconglomératique du sommet de la formation RV2a, constituée de bancs de quartzite de 1 à 2 m et de couches phylladeuses ardoisières de quelques dizaines de centimètres faisant suite à l'ardoise du Terne en dressants renversés. Le panorama que l'on découvre du haut de la Roche-à-Sept-Heures permet de mettre en évidence le chevauchement de la Carbonnière et la structure du bord méridional du massif de Rocroi.
A l'avant-plan, se développe la formation RV2a, limitée à la base par la veine des Peureux (RV1b) dont l'alignement, appartenant toujours au flanc sud du synclinal du ravin de Mairupt, traverse le village de Monthermé et le hameau de la Rova. Immédiatement au Sud, la barre de quartzite DV2a, flanquée au Nord de la veine de la Renaissance (DV2b) et au Sud de la veine Sainte-Anne (DV1b) traverse le hameau de Laval-Dieu et se suit vers l'Ouest grâce aux exploitations de l'Ecaillette et de l'Echina. Aux quartzites DV2a succèdent au Sud, les quartzophyllades DV1 ployés en anticlinal : l' anticlinal de Deville. Une deuxième barre de quartzite DV2a s'allonge ensuite au Sud constituant le versant nord du Fay-Phade et l'ossature de la colline longeant la Meuse à l'Ouest de Malhanté. On pourrait croire à priori que cette deuxième barre constitue la retombée sud de l'anticlinal de Deville mais, en réalité, les couches sont toujours en dressants renversés et montrent du Nord au Sud la succession : veine de la Renaissance (DV2b), quartzite DV2a et veine Sainte-Anne (DV1b). Lla veine DV2b de ce second alignement passe par les ardoisières Malhanté, de l'Epine et du Fays. Il y a nécessairement une faille qui sépare les deux barres quartzitiques DV2a. C'est la faille de la Carbonnière qui, de l'Ouest vers l'Est, passe un peu au Nord des ardoisières et suit le pied de la colline du Fay-Phade le long de la Semois. Elle limite au Nord une nouvelle écaille chevauchant le massif de Deville et dénommé massif du Fay-Phade. Dans la vallée de la Meuse, le massif du Fay-Phade a une structure simple dominée par un seul pli, l'anticlinal du Fay-Phade dont l'axe passe par le sommet de la colline de même nom. La retombée sud de l'anticlinal est constituée, à l'arrière-plan du défilé de la Meuse, par la troisième barre de quartzite DV2a correspondant au rocher des Quatre Fils Aymon.
Connue sur un parcours de 14 kms, la faille de la Carbonnière limite un chevauchement Sud-Nord du massif du Fay-Phade qui peut être estimé à 500 mètres dans la vallée de la Meuse.Emprunter la route de Monthermé à Charleville, rive gauche. Laisser les voitures au lieu de stationnement aménagé en face du point de vue de la Roche-aux-Sept-Villages.
De l'étroite plateforme portant la table d'orientation juchée sur un éperon de quartzite DV2a, on embrasse d'un seul coup d'oeil les escarpements de la rive droite. A juste titre, le panorama de la Roche-aux-Sept-Villages constitue la synthèse stratigraphique du Cambrien du massif de Rocroi.
En face et à l'Est du point de vue, les pics de quartzite du rocher des Quatre Fils Aymon marquent le passage de la formation DV2a appartenant au flanc sud de l'anticlinal du Fay-Phade. Au Nord des Quatre Fils Aymon, la formation DV1 vient buter sur une faille transverse qui répète les quartzites DV2a anciennement exploités dans deux carrières dont on aperçoit encore les excavations dans la colline. Au Sud des Quatre Fils Aymon, la veine de la Renaissance (DV2b) a été anciennement exploitée à l'ardoisière de Ste-Reine aujourd'hui occupée par le terre-plein qui va de l'éperon de quartzite le plus méridional à la colline portant le monument du Souvenir. Cette dernière est constituée par des phyllades gris-vert à gris-noir de la formation de transition (RV1a) elle-même couronnée par la veine des Peureux (RV1b) qui affleure en contrebas de la butte sur son versant sud. Sur la veine des Peureux reposent les premiers bancs de quartzite de la formation (RV2a) dont l'épaisseur réduite à 140 m permet à la veine de la Folie (RV1b) d'affleurer sur la rive gauche de la Meuse dans la tranchée d'un ancien chemin de fer industriel desservant la fonderie de Bogny. Les rochers de l'Hermitage qui forment les escarpements de la rive gauche sont constitués par la formation RV3 passant vers le sommet aux gros bancs de quartzite RV4. Le premier banc de plus de 5 m dont la base a été choisie conventionnellement pour marquer la limite RV4-RV3, forme une barre bien visible dans le paysage.De Monthermé se diriger vers Château-Regnault. A l'entrée du village soit à 350 m au Sud du pont du chemin de fer, une route assez étroite conduit au départ des sentiers vers les Quatre Fils Aymon. Laisser les voitures en stationnement à l'endroit indiqué, accessible aux voitures et aux petits cars. On suit le sentier vers les Quatre Fils Aymon pour atteindre le terre-plein servant de plaine de jeu qui occupe l'emplacement de l'ancienne ardoisière Ste-Reine (RV2b).
a) Le long du sentier, on recueille plusieurs plaques d'ardoise verte à magnétite provenant de l'ancienne exploitation de la veine de la Renaissance (DV2b). Avant d'atteindre le terre-plein, le sentier recoupe des phyllades verts appartenant au mur de la veine ardoisière.
b) Le terre-plein s'appuie au Nord sur un éperon de quartzite de la partie supérieure de la formation DV2a, au flanc sud de l'anticlinal du Fay-Phade.
c) Au Sud du terre-plein, s'élève une butte presque essentiellement constituée de phyllades de la formation de transition (RV1a). Au pied de la butte, les phyllades et quartzophyllades sont gris-vert et affectés d'une schistosité oblique sur la stratification. En suivant le sentier qui monte vers le sommet, on peut voir les phyllades devenir progressivement plus sombres pour passer à des phyllades gris-noir au sommet, au pied du monument du Souvenir.
d) La veine ardoisière des Peureux (RV1b) a été exploitée quelque 30 mètres en contrebas, sur le versant sud de la butte dans une petite carrière encombrée de nombreux débris d'ardoise noire.
e) Un peu plus bas encore, apparaissent les premiers bancs de quartzite gris microconglomératique de la partie inférieure de la formation de la Roche-à-Sept-Heures (RV2a). La surface de certains bancs de quartzite montre des alignements de petites dépressions cupuliformes de 5 à 10 cm de diamètre. Ce sont des "load-cast" ou figures de courant contemporaines de la sédimentation et provoquées par l'effet de choc des vagues sur le fond sableux : ces "load-cast" sont assez fréquents dans les sédiments cambriens, appelés"culs de bouteille" par les anciens ardoisiers.
Au bas du ressaut quartzitique, un sentier permet de revenir au point de départ.Franchir la Meuse au pont de Bogny-sur-Meuse et suivre le chemin touristique qui conduit au Rocher de l'Hermitage. Laisser les voitures au stationnement indiqué.
On gagne ensuite à pied le Rocher de l' Hermitage par un chemin forestier qui longe le haut quartier de Bogny (marche de 10 minutes).
Une centaine de mètres avant d'atteindre le Rocher de l'Hermitage, le sentier pénètre dans une première carrière ouverte dans les gros bancs de quartzite grossier de la formation RV4. Dans l'angle oriental de la carrière on peut déjà observer le Poudingue de Bogny, analogue au poudingue de Fépin faiblement incliné vers l'Est (5 à 10°) nettement discordant sur le socle cambrien. C'est un conglomérat à gros galets de quartzite dans une pâte elle-même quartzitique. Une deuxième carrière à 60 mètres au Nord de la précédente expose bien le conglomérat de Bogny lui-même recouvert par des schistes gréseux et crinoïdiques en allure subhorizontale.
Se rendre à Momignies, sur la place du village. Prendre la direction de Hirson. Dans le village de Mondrepuis, prendre à gauche en direction de "Pas Bayard". On prend à gauche un petit chemin dont l'angle nous fait presque revenir en arrière. Par ce chemin, on rejoint les rives de l'Oise, bassin hydrographique de la Seine, petite rivière qui a pris sa source dans le parc de l'Abbaye de Scourmont à Chimay.
Le long de cette petite rivière, on peut observer des roches du Cambrien. Nous sommes devant l'étage Devillien Supérieur (Dv) avec des quartzites verts et phyllades violettes de Fumay, roches noires (ferrugineuses) avec quartzites, schistes et psammites (devenant par altération rouillées, jaunes, brunes, vertes....).
De Chimay vers Couvin par la N99; nous prenons en direction de Baileux par la N589 vers Rièze, Rocroi et Cul-des-Sarts. Nous progressons sur cette route sur 3 à 4 km jusqu'au lieu-dit "Forge Petit Jean", au-delà de la borne kilométrique 29. Au niveau d'un carrefour où est aménagée une aire de pique-nique, nous tournons à gauche vers l'est, en direction de Cul-des-Sarts.
Cent mètres plus loin, après avoir franchi l'Eau Noire, nous nous engageons à droite dans un chemin qui serpente sur une distance de 1500m, pour aboutir à une propriété privée. Nous demandons l'autorisation de pouvoir poursuivre à la maison jouxtant le chemin privé et nous montons à gauche par le petit chemin empierré qui nous conduit dans les bois jusqu'à une petite excavation. Celle-ci s'ouvre à gauche, au sommet de la côte. C'est le Trou Squelart, ancienne carrière avec un grand trou empli de carcasses de voitures. (On dit que ce trou était une ancienne mine de plomb. L'origine du mot "Squelard" vient du nom d'un garde chasse qui fut assassiné par des braconniers et qui précipitèrent son cadavre dans l'excavation en espérant qu'elle disparaîtrait. On l'a retrouvé mais l'histoire ne dit pas si les braconniers ont été arrêtés). On peut y découvrir des schistes noirs et des quartzites noirs. Au retour, vers la grand route, nous pouvons encore observer à droite du petit chemin qui serpente d'autres effleurements de schistes et de quartzites. La teinte noire ou foncée de ces roches est due à divers minerais de fer qui s'oxydent.
Au carrefour de la petite route de Cul-des-Sarts et de la N589, existe une aire de pique-nique. Lors de sa création une pelleteuse a creusé un énorme trou en vue de couler une dalle de béton, qui sera la fondation pour poser la table les bancs... Le Cambrien affleure encore sur le bord ouest de la route. Ce sont des schistes noirs au départ mais apparaissant jaunâtres à ocre (et donc très altérés) qui se débitent en plaquettes. Dans les gravats déblayés par la pelleteuse, j'ai pu y découvrir de nombreuses traces de minerais de fer et un trilobite du type Nileus Beaumonti, et peut-être y en a-t-il encore d'autres... qui sait ??Nous sommes sur ma N51 de Givet en direction de Fumay et notre observation débute 500 mètres avant le passage à niveau de Fumay : le Rocher des Foudres.
Avant de commencer nos observations, nous pouvons jeter un coup d'oeil (et prospecter pourquoi pas un peu de quartz micro) sur le mont devant Haybes, rive gauche du fleuve, au niveau des carrières des Rochettes où l'on exploite les quartzites clairs DV2a formant la retombée nord de l'anticlinal d'Haybes. Le front d'exploitation de la carrière suit l'allure des bancs parallèles au cours de la Meuse et plongeant vers le fleuve sous un angle de 50° environ, vers l'extrémité occidentale de la carrière les bancs sont ployés transversalement en un synclinal aigu dont le flanc ouest est redressé à la verticale, ces allures aberrantes sont imposées par la faille transverse des Rochettes contre laquelle viennent buter les couches cambriennes. La faille des Rochettes relève le compartiment sud-ouest où se trouve le Rocher des Foudres.
Le compartiment situé au sud-ouest de la faille des Rochettes témoigne d'une structure simple : il s'agit toujours de l'anticlinal d'Haybes mais plus ouvert grâce au jeu vertical de la faille et de ce fait plus favorable à l'étude des formations devilliennes les plus anciennes du massif de Rocroi.
La veine Ste-Anne (DV1b) de teinte rouge au flanc sud de l'anticlinal réapparaît au trou Evrard, ancienne ardoisière dont l'emplacement est marqué par des piliers d'ardoises, l'ardoise Ste-Anne couronne une série quartzitique et quartzophylladeuse de teinte verte dominante. Plus haut dans la colline, la veine ardoisière est recoupée par les gros bancs de quartzite DV2a, le contact anormal soulignant le passage de la faille des Brigittines.
(Laisser les voitures sur le terre-plein à gravillons, près du pont de Fumay entre la route d'Haybes et la Meuse, rive droite; on accède à la carrière par un sentier abrupt à hauteur du virage de la route).
La carrière du pont de Fumay est ouverte dans les quartzites des Quatre-Fils-Aymon (DV2a) reposant normalement sur la veiné Ste-Anne (DV1b) anciennement exploitée au N de la carrière à l'ardoisière Belle-Rose, l'entrée de la carrière se trouve d'ailleurs sur l'aire de déblais de l'ancienne ardoisière où l'on peut récolter des échantillons d'ardoise de teinte rouge bariolée de vert.
Le front d'exploitation de la carrière expose la majeure partie des quartzites DV2a dont l'épaisseur totale atteint 90 m à Fumay. Il s'agit de gros bancs de quartzite vert clair à rose à passées microconglomératiques, dans la partie septentrionale de l'exploitation. Vers la base de la formation, les bancs de quartzite alternent avec des couches de phyllade rouge annonçant la proximité de la veine ardoisière DV1b. Appartenant au flanc sud de l'anticlinal d'Haybes, les quartzites du pont de Fumay se prolongent sur l'autre rive de la Meuse par les quartzites du passage à niveau (arrêt précédent), ils sont plus largement développés ici, conséquence de l'allure de la faille de Rogimont oblique sur la direction des couches. A l'extrémité orientale de la carrière, les quartzites sont ployés dans une direction transverse en un anticlinal dont le flanc oriental, redressé à la verticale, vient buter sur la faille des Brigittines; au contact de la faille, les quartzites DV2a bréchiés sur plusieurs mètres et sillonnés de multiples veinules quartzeuses forment un promontoire rocheux : le Rocher des Brigittines, qui surplombe la rive droite de la Meuse. Au-delà de la faille, affleure la veine violette de la Renaissance (DV2b).
D'allure subhorizontale au trou Evrard sur la rive gauche de la Meuse, la faille des Brigittines amorce une virgation au Rocher des Brigittines pour prendre dans la traversée de Fumay, une direction subméridienne. Le tracé de la faille a pu être précisé grâce aux nombreux travaux d'exploitation et de recherches dans le sous-sol de Fumay. Partout, l'inclinaison du plan de faille indique qu'il s'agit d'un accident subvertical.(Au départ de la place de Fumay, se diriger vers la gare en suivant la rue J.B. Clément).
Le premier arrêt se situe dans la rue J.B. Clément, là où elle est franchie par une passerelle. Immédiatement au Sud de la passerelle, la route entaille de chaque côté, la veine de la Renaissance (DV2b) au flanc sud de l'anticlinal d'Haybes (pendage 25° Sud); c'est une veine épaisse (plus de 10 m) de teinte violette contenant quelques minces bandes phylladeuses vertes en stratification et recoupée par une schistosité oblique inclinant au Sud.
Pour continuer la coupe, il faut quitter la rue J.B. Clément et suivre la rue de la Paix qui se dirige vers la fonderie Bidez-Haller (laisser les voitures à proximité de la fonderie).A l'extrémité et à l'est de la rue de la Paix affleure un mamelon de quartzite. C'est le sommet de la formation DV2a au flanc sud d'un anticlinal secondaire, les couches dessinent en effet un double pli, synclinal puis anticlinal actuellement caché par les habitations. La veine de la Renaissance (DV2b) qui surmonte les quartzites a été anciennement exploitée au trou Gigot dont l'emplacement est encore marqué par les anciens piliers d'ardoises.
Toute la coupe se développe le long de la route de Charleville (N 389). Le début de la coupe se situe à 350 m au Nord du point de vue de la Roche-aux-Sept-Villages, en face du premier banc en béton que l'on rencontre en descendant la route un peu au Sud du km 7. Laisser les voitures à cet endroit.
a) Le début de la coupe montre la veine ardoisière Ste-Anne (DV1b) reposant sur une alternance de quartzites clairs en bancs de O,50 à 1 m et de phyllades verts plus épais (1 à 3 m), au flanc sud de l'anticlinal du Fay-Phade. L' ardoise de teinte verte a 5 à 6 mètres d'épaisseur et elle est criblée de petits octaèdres (1 à 2 mm) de magnétite aisément visibles sur cassure fraîche de la roche normale au clivage schisteux. Sur le plan de schistosité, les cristaux apparaissent comme de petits points noirs entourés d'une auréole de décollement étirée en fuseau. Au microscope, on peut observer que l'auréole de décollement est remplie de quartz et de chlorite, cette dernière ayant cristallisé avec son plan de clivage parallèle aux faces d'octaèdre de la magnétite. Une fois encore ces halos de décollement prouvent l'antériorité du métamorphisme relativement au clivage schisteux.
b) Immédiatement au Nord de la 7ème borne kilométrique affleurent des bancs (1 m à 1,5 m) de quartzite clair à grain fin reposant sur une série de phyllades verts qui s'appuient sur deux gros bancs (3 à 4 m) de quartzite clair ployés en anticlinal. C'est la charnière de l'anticlinal du Fay-Phade. Le flanc nord est plissé en "dents de scie" tandis que le flanc inverse est plissé en "chaises" avec des "dressants" qui inclinent de 40° au Sud. Les couches qu'on vient de recouper sous la veine Ste-Anne appartiennent à la formation de la Longue-Haie (DV1a). La teinte uniformément verte des phyllades est due à la chlorite de néogenèse qui témoigne, au même titre que la magnétite, du métamorphisme épizonal qui affecte la partie méridionale du massif de Rocroi. Au bord nord du massif, les formations correspondantes prennent des teintes vertes, rouges ou violettes.
c) La veine Ste-Anne, sur la retombée nord de l'anticlinal affleure une première fois à une centaine de mètres au Nord de l'axe du pli ou elle est surmontée par les premiers bancs de quartzite de la formation des Quatre Fils Aymon (DV2a).
d) Grâce à un double pli, synclinal puis anticlinal, la veine Ste-Anne (DV1b) réapparaît encore deux fois. Elle a été exploitée au flanc nord de l'anticlinal secondaire dans une petite carrière à l'Ouest de la route de Charleville où elle affleure sur toute son épaisseur (5 à 6 m).
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Luc Van Bellingen

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