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Situation Géographique, Pédologique et Botanique
Le Massif de Rocroi est une région à cheval sur la Belgique et la France, dans le nord de la région française "Champagne-Ardennes" et dans le sud des provinces belges de Namur et du Hainaut.
Le Massif de Rocroi s'étend de l'Ouest à l'Est sur environ 52 kms, entre Hirson et Louette-Saint-Pierre. Dans sa plus grande largeur, il mesure près de 25 kms, ce qui fait grosso-modo 130 000 hectares.
Le massif forestier du plateau ardennais est un des plus grands massifs du Nord de la France. Il forme une zone de plus de 44 000 hectares. Le reste étant partagé entre les tourbières, les landes relictuelles, une partie de la vallée de la Meuse, de la Semoy, de la Houille avec leurs plaines alluviales, les escarpements rocheux avec leurs végétations particulières sans oublier, évidemment les zones d'habitats humains, zones industrielles, zones de cultures, et zones de prairies d'élevages.
C'est une région que l'on appelle aussi la Thiérache siliceuse et schisteuse. Ses bords sont cachés, à l'Ouest par le Crétacé, au Sud-Ouest par le Jurassique du Bassin de Paris, au Nord, à l'Est et au Sud, il est entouré par les couches qui constituent la base du Dévonien inférieur. Ce sous sol spécifique donne naissance à une végétation toute particulière répertoriées dans les « Rièzes du plateau de Rocroi ».
Selon les couches géologiques (présence de schistes ardoisiers ou de quartzites), la composition chimique des sols, la topographie et l'exposition, on peut déterminer plusieurs types forestiers :
La hêtraie acidiphile à luzule blanche, houx et myrtille et la chênaie sessiliflore acide avec les chênes sessile et pédonculé, le bouleau pubescent, le sorbier des oiseleurs, le néflier et le peuplier tremble. La strate arbustive, peu développée, comprend la bourdaine, la myrtille, le chèvrefeuille des bois et le houx. Le tapis herbacé est dominé par la fougère aigle qu'accompagnent la canche flexueuse, la germandrée scorodoine, la luzule blanche, le muguet, la violette et de nombreuses mousses. Ce type de boisement est dominant.
Sur pente forte et ébouleuse, la hêtraie / charmaie / acéraie avec l'érable sycomore, l'érable plane, le tilleul à grandes feuilles, le frêne commun, l'orme de montagne, de nombreuses fougères dans le tapis herbacé, ainsi que la renoncule à feuilles d'aconit, la trop rare dentaire à bulbilles, le sceau de Salomon verticillé, le pâturin de Chaix, la fétuque des bois et les polystic à cils raides et polystic à aiguillons.
En bas des pentes, la chênaie pédonculée / charmaie à lamier jaune, primevère élevée, anémone sylvie, canche cespiteuse, agrostide vulgaire, sceau de Salomon verticillé...
Au fond des vallons et dans la vallée, l'aulnaie / frênaie rivulaire à cassis, stellaire des bois, laîche pendante, laîche espacée, impatiente ne-me-touchez-pas, ail des ours, ficaire fausse-renoncule, lysimaque des bois, prêle des champs, prêle des eaux, fougère femelle, polystic spinuleux...
Dans les zones tourbeuses, landes humides et au niveau des sources sur les banquettes alluviales ou plus ponctuellement sur les pentes, l'aulnaie / boulaie à sphaignes et à osmonde royale avec la bruyère à quatre angles, la canneberge, la molinie bleue, la bistorte, le rossolis à feuilles rondes, la linaigrette à feuilles vaginées, la linaigrette à feuilles étroites, la violette des marais, la petite stellaire...
Les affleurements rocheux forment des parois verticales et crevassées, on peut observer au niveau des falaises une végétation sciaphile avec de nombreuses fougères coome polypode vulgaire, blechnum en épi, polystic des montagnes, phégoptéris... mais aussi cladonie des chênes, arabette des sables, orpin réfléchi, silène penché, sagine apétale, doradille noire, doradille septentrionale.

Les bruyères
Photo L.V.B.
Outre ces différentes zones géographiquement bien distinctes, on peut noter une série de plantes rares et protégées qui se répartissent dans le plateau ardennais primaire. Il s'agit notamment du Rossolis à feuilles rondes, du Rossolis Intermédiaire, du Lycopode en massue, du Lycopode Sélagine, du Lycopode Inondé, de la Gagée Jaune, de l'Osmonde Royale, du Pâturin des Marais, de la Digitale à Grandes Fleurs, du Polystic à crêtes, du Polystic des Montagnes, de la Trientale d'Europe, de l'Orchis des Sphaignes, de l'Orchis Incarnat, de l'Orchis Grenouille, du Comaret des Marais, de l'Arnica des Montagnes, de la Montie des Fontaines, du Chrysanthème des Moissons, de la Prêle des Bois, du Trèfle d'Eau, de la Petite Pyrole, de la Dentaire Bulbille, de l'Airelle Rouge, de l'Airelle des Marais, de la Renoncule à Feuilles de Lierre, du Trichomanès, de la Linaigrette Vaginée, du Genet d'Angleterre, de la Lunaire vivace, du Saxifrage Rhénan, de la Wahlenbergie à Feuilles de Lierre, du Rhynchospore blanc, de la Canche Printanière, ...
Par endroits, une couche impressionnante de bois morts jonchent le sol. Les champignons divers se chargent de les recycler en humus afin de les rendre assimilables aux autres végétaux et ainsi perpétuer le cycle de la vie.


Superbe polypore se nourrissant des
troncs en décomposition
Photo L.V.B.
Ce site se compose de :
| Forêts caducifoliées |
34% |
| Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana |
24% |
| Marais (végétation de ceinture), Bas-marais, Tourbières |
19% |
| Zones d'habitats humains, industrielles et de cultures |
14% |
| Prairies semi-naturelles humides, Prairies mésophiles améliorées |
6% |
| Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes) |
2% |
| Pelouses sèches, Steppes |
1% |
Types d'habitats présents :
| Tourbières boisées |
| Landes humides atlantiques septentrionales à Erica tetralix |
| Tourbières hautes actives |
| Forêts alluviales à Alnus glutinosa et Fraxinus excelsior |
| Prairies à Molinia sur sols calcaires, tourbeux ou argilo-limoneux |
| Dépressions sur substrats tourbeux du Rhynchosporion |
| Eaux stagnantes, oligotrophes à mésotrophes avec végétation |
| Mégaphorbiaies hygrophiles d'ourlets planitiaires et des étages montagnards à alpins |
| Formations herbeuses à Nardus, riches en espèces, sur substrats siliceux des zones montagnardes des zones submontagnardes de l'Europe continentale. |
Il est évident que cette végétation particulière permet le développement d'une faune d'insectes très diversifiés. Certains sont inféodés à certaines plantes rares et sont donc eux-mêmes aussi rares. Les mares, ruisseaux et marais attirent les grenouilles, tritons et salamandres tandis que les tas de déchets de roches aux abords des anciennes mines, aux abords des anciennes ardoisières ou dans les anciennes carrières attirent les reptiles comme lézard vivipare, lézard des murailles, orvet, couleuvre à collier et vipère péliade.

Lézard des murailles
Ancienne carrière de la Grande
Commune, Monthermé
Photo L.V.B.
Lézard vivipare
Ancienne carrière des Cerceaux
Photo L.V.B.
Orvet
Ancienne carrière du Pierroy
Photo L.V.B.
Couleuvre à collier
Marécage sur le platier de l'ancienne
carrière des Cerceaux
Photo L.V.B.
Superbe vipère la Péliade se chauffant
au soleil sur les rochers, dans les mousses et les bruyères, non loin du
monument du Cheval Bayard à Bogny sur Meuse
Photo L.V.B.
Salamandre tachetée
Ancienne carrière de la Grande
Commune, Monthermé
Photo L.V.B.
Je ne parlerai pas des oiseaux très nombreux, granivores, insectivores, charognards et rapaces et des mammifères très diversifiés (Je me rappelle lors de mes promenades avoir pu observer écureuils roux, mustélidés (belette ou martre...), chat sauvage mais aussi renards, blaireaux et sanglier).

... puis la faisant rouler sur la
branche...
Anciennes carrières des Cerceaux,
Monthermé
Photo L.V.B.
... Coucou... les yeux en "bille de
clown" c'est moi...
Anciennes carrières des Cerceaux,
Monthermé
Photo L.V.B.
... Assez joué ! Bobonne m'appelle, je
rentre à la maison... la soupe est servie...
Anciennes carrières des Cerceaux,
Monthermé
Photo L.V.B.
Du bruit dans les branches au dessus
de moi...
Je lève la tête et je vois que je suis
espionné par deux petits yeux dans une boule de poils... Ce doit être une martre
Vite mon appareil photo !
Quelques minutes plus tard, la petite
curieuse, descendue au sol, se faufile entre les souches, les branches mortes
et les tas de feuilles... toujours en surveillant d'un oeil mes moindres faits
et gestes. Un mouvement un poil trop brusque et elle détalle en
bondissant ...
Martre
Ancienne carrière de
la Grande Commune, Monthermé
Photo L.V.B.
Sanglier
Ancienne carrière de
la Grande Commune, monthermé
Photo L.V.B.
Cette photo a une histoire assez
rocambolesque... Une rencontre inattendue...
J'étais donc seul, calmement en train
de
dans mon trou,
n'entendant que le bruit du vent dans les branches, le chant des oiseaux et au
loin, très loin, un bûcheron qui tronçonne.
Soudain, j'entends quelqu'un qui
marche dans les feuilles mortes et les branchages.
Je crois voir apparaître un collègue
cristallier, un promeneur, un garde forestier... Mais non, rien, personne...
Je me remets au travail et quelques
minutes plus tard, le bruissement de feuilles mortes et de branchages
recommence.
-"Il y a quelqu'un ?"
Pas de réponse, mais le bruissement
continue. Je me lève, je m'approche du bord du coteau et à moins de 10
mètres en contrebas, un sanglier était calmement en train, au moyen de son groin
musclé de retourner feuilles et branchages, sans doute à la recherche de quelque
nourriture.
Je le regarde sans bruit. Il
lève la tête et me regarde en papillonnant des oreilles.
Je ne dis rien... lui non plus (ben
non !)
Après quelques secondes,
manifestement, je ne l'intéresse plus et il reprend sa recherche.
Je retourne à mon trou et je reprends
la mienne.
Nous entrons alors dans une certaine
cohabitation... chacun à ses occupations sans réellement s'intéresser à ce que
fait l'autre... tout en gardant un oeil sur l'autre et en respectant une
certaine distance de sécurité.
De mon trou, je ne le vois pas, mais
de grognement en grognement, de bruissement en bruissement, je l'entends qui se
déplace le long du coteau pour arriver sur le platier. Je le sens sur ma
gauche à une vingtaine de mètres de moi.
J'empoigne mon appareil photo et
sachant que je suis plus ou moins masqué par le fait que je suis à genoux dans
un trou, je pivote doucement, je m'installe et j'attends le moment propice.
Il lève la tête dans ma direction et
"clic-clac" il est dans la boîte.
Je reprends mes recherches et après un
moment il disparaît et je ne l'entends plus. Je pense alors qu'il est
parti.
En fin d'après midi, je range mes
outils, je charge les cailloux dans mon sac et j'entreprends de rejoindre la
voiture que j'ai laissée sur la petite route à quelques 600 mètres d'où je suis.
Je m'engage sur le sentier qui descend
à flanc de coteau en zigzaguant et quelle n'est pas ma surprise de le voir me
suivre à une cinquantaine de mètres de moi... moi sur le sentier et lui à
travers bois.
Je reste calme, je ne dis rien, je
fais semblant de ne pas le regarder... tout en gardant un oeil sur lui... et
j'arrive à ma voiture.
J'ouvre le coffre et ce bruit de la
porte qui s'ouvre l'arrête net. J'y dépose mon sac, je m'installe derrière
le volant et je mets le contact. Le bruit du moteur qui démarre le fait
détaller en trottinant la tête haute et la queue levée à la verticale et en
quelques instants, il disparaît définitivement derrière le coteau.
Une rencontre insolite... un moment de
paix, une trêve entre deux êtres dont l'un est souvent chasseur et l'autre
chassé.
Dans tous ces bois, dont le sol est composé de terre et d'une grosse couche de feuilles et ou d'aiguilles de conifères mortes, formant un humus assez particulier, des armées de géotrupes vont et viennent à la recherche de leur subsistance puisqu'ils se nourrissent de matières végétales en décomposition.

Renardeau observé au détours d'un
sentier menant à l'ancienne carrière des Cerceaux
Bien camouflé, sa mère ne devait pas
être bien loin
Photo L.V.B.
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