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Les Origines de la Vie, Un Jaillissement Mystérieux, une Evolution Unique
La Vie des Hommes (1)
L'homme apprend à travailler
Une telle formulation de la relation homme - travail n'est pas exacte, car elle n'envisage qu'une partie du problème. En réalité, ce rapport était ambivalent : l'homme déterminait les travaux qui lui étaient indispensables et le travail le faisait évoluer. L'être qui ne travaillait pas n'était pas encore l'homme à part entière, mais seulement son prédécesseur. Le développement des hominidés fut extrêmement long. Il y a 10 ou 20 millions d'années, le climat était devenu plus sec et, peu à peu, nos ancêtres échangèrent la forêt vierge contre de vastes espaces de steppes arborées ; le végétarien est devenu omnivore, et la chasse remplaça la cueillette des végétaux comestibles. Mais, seul l'être qui vivait il y a 2 millions d'années peut être considéré comme un être humain. Lorsque les anthropologues étudient les fossiles de cette époque, ils se rendent bien compte que, devant ce mélange de genres et d'espèces, ils sont bien incapables de placer une charnière dans le cours de l'histoire et d'affirmer avec assurance : "A ce moment apparut le premier homme." Pour définir l'homme il faut donc un autre critère que la morphologie car la condition humaine n'est pas une question de squelette ou d'apparence physique.
Il y a deux cents ans, l'illustre penseur américain, Benjamin Franklin considérait que "l'homme est un animal fabriquant des instruments". Cette petite phrase, en apparence anodine, contient une vérité profonde, aujourd'hui entièrement confirmée par la science. Il ne faut pas oublier que même l'homme moderne est un animal. Comme les autres êtres vivants, il a des origines biologiques et est étroitement lié à la nature. La seule chose qui le différencie des animaux, c'est qu'il vit dans une société organisée, et qu'il a réussi à fonder une civilisation qui évolue sans cesse et lui permet de progresser rapidement. Au départ de ces formes de vie spécifiquement humaines, était le travail. C'est donc bien le travail qui a fait se détacher l'homme du règne animal.
La notion de travail n'est pas simple et mérite quelques précisions. Le travail en soi n'est pas l'apanage exclusif de l'homme. N'oublions pas que, dans une situation précise, certains animaux accomplissent instinctivement des gestes qui ressemblent à un travail. Nous avons tous vu travailler les abeilles ou les fourmis qui ont une répartition des tâches très rigoureuse. L'utilisation d'instruments n'est pas non plus réservée à l'homme : un babouin utilise des pierres pour assommer sa proie, certains oiseaux manipulent des galets, et des formes animales très primitives, comme les insectes, peuvent s'aider d'un outil. En Amérique du Nord, vit une guêpe de la famille des ammophiles qui utilise un petit caillou pour tasser la terre au-dessus de son nid. Mais, tous les cas que nous venons de citer ont un trait commun : il s'agit d'objets naturels, utilisés une fois et, surtout, tels que l'animal les a trouvés. Aucun animal n'est capable d'élaborer un instrument à partir de la matière première trouvée dans la nature, selon une image produite par son cerveau qui lui prêterait forme et déterminerait les qualités requises pour telle ou telle tâche. Aucun animal n'a l'idée de conserver l'outil qui a fait ses preuves pour accomplir à nouveau les mêmes gestes et réaliser le même travail. Ces qualités, par contre, caractérisent le travail de l'homme, et sont données par l'aptitude de son cerveau à accumuler les expériences passées afin d'en tirer les conclusions qui lui permettent de planifier son prochain travail.
A partir du moment où nos ancêtres les plus anciens quittèrent le faîte des arbres et s'établirent sur la terre ferme, leur mode de vie se trouva, bien sûr, plus difficile et plus compliqué, mais leur ouvrit par la même occasion des horizons nouveaux. Ils adoptèrent une station verticale et une marche bipède (encore hésitante) car ils avaient besoin de leurs membres supérieurs pour faire les gestes élémentaires qui devinrent plu complexes au fil des siècles. Il leur fallait apprendre à se nourrir dans ce nouveau milieu, à acquérir de nouvelles variétés de nourriture, à se défendre contre les prédateurs. Ce n'était pas chose facile car l'homme n'avait ni crocs impressionnants, ni carapace ni épines pour se protéger. L'homme n'était ni assez petit pour se cacher dans n'importe quel abri ni assez grand pour effrayer l'agresseur. Il n'était pas non plus suffisamment rapide pour se sauver à toutes jambes ou, au contraire, pour prendre en chasse sa proie. Si le genre humain voulait survivre, il devait déployer une certaine ingéniosité pour compenser ces défauts. Seuls les plus capables d'entre ces hommes y parvinrent, car ils se mirent, dans un premier temps, à utiliser en guise d'outils et d'armes certains objets tels qu'ils les avaient trouvés dans la nature. Par la suite, ils apprirent à façonner les instruments dans la matière première fournie par leur milieu naturel : dans des galets, des morceaux de bois, des os récupérés dans les carcasses d'animaux, morts de mort naturelle ou tués par les grands fauves. Nous avons tendance à considérer ces êtres "mi-hommes, mi-singes" avec des sentiments mitigés alors qu'au contraire, nous devrions les admirer pour la résistance et l'esprit d'adaptation dont ils ont fait preuve dans ce milieu hostile. La nécessité leur a appris à penser et à travailler, le travail, à son tour, affina leur jugement et leurs sens. Ils utilisaient leurs mains pour élaborer les premiers instruments et, en travaillant, leurs mains devenaient plus sûres, précises et sensibles. Leur cerveau rendait le travail plus aisé car il permettait, enrichi par les expériences précédentes, d'élaborer un outillage de plus en plus fin et adapté. Lui-même, il se perfectionnait et se "rôdait" lors de cet exercice. Tout ceci était étroitement lié : l'homme inventa les outils et comprit leur utilité, et le travail sur ces instruments donna à l'homme son statut particulier.
Le processus d'évolution du travail fut extrêmement lent. Au départ, il se résumait à quelques gestes élémentaires qui aidaient l'homme à survivre. Par la suite, l'homme se mit à utiliser des objets naturels, au même titre que certaines espèces animales. Occasionnellement, il lui arrivait d'en arranger grossièrement la forme pour les rendre plus aptes à accomplir telle ou telle besogne. Ces façonnages rudimentaires de la pierre, de la branche ou de l'os devinrent de plus en plus fréquents jusqu'à ce que l'homme comprenne, au bout de centaines de milliers d'années, qu'il pouvait élaborer ses outils, régulièrement et à l'avance. Cette habitude qui provenait d'expériences personnelles ou de l'exploitation de celles des autres hordes, finit par produire une petite gamme d'outils de base stéréotypés. Ces outils de base se diversifièrent peu à peu et donnèrent naissance à tout un éventail d'outils spéciaux, destinés à des tâches multiples et à des gestes variés et complexes. L'outillage spécialisé représente le trait caractéristique de la culture de L'Homo Sapiens : son développement, qui se situait au Paléolithique moyen, culmina au Paléolithique supérieur. Les outils de base stéréotypés proviennent déjà, par contre, de l'époque de l'Homo Erectus du Paléolithique inférieur. Pour dater les instruments les plus primitifs, il faut remonter à l'Homo Habilis qui était le contemporain plus développé de l'Australopithèque Il s'en distinguait par un cerveau d'une capacité supérieure ; c'est lui le premier maillon de l'humanité, car les savants n'ont pas réussi à prouver que les Australopithèques fabriquaient des instruments.


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