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Le développement durable et les géologues amateurs
1. Constatations
Cette page prend sa source dans une constatation : Souvent j'ai entendu des personnes plus ou moins proches du monde des Sciences de la Terre, des scientifiques de renom, (archéologues, paléontologues et minéralogistes employés par les musées nationaux, pour ne pas les citer...) dire que les géologues amateurs, que les collectionneurs de minéraux et fossiles sont des pilleurs de sites géologiques. Ces mêmes personnes argumentent aussi en disant que par leur action de collectionner, s'ils ne prospectent pas eux-mêmes ("pillent" diraient certains), que leur action de collectionner, donc, favorise le pillage par d'autres afin de proposer le matériel qu'ils cherchent dans les bourses aux minéraux et aux fossiles. Je n'épiloguerai pas outre mesure en voulant à tout prix défendre une position en argumentant comme certains l'ont déjà fait dans des articles passionnants et passionnés que :La préoccupation de la préservation de l'environnement est en effet apparue à partir du début des années '70.
Tout débute avec le mouvement Hippie. Les hippies (hippie au singulier, ou parfois hippy) étaient les membres d'un mouvement de contre culture des années 1960 et des années 1970 qui avaient pour but un retour à la nature, un style de vie marginal, communautaire ou nomade, renonçant au nationalisme corporatiste. Ceux-ci s'étaient opposés à la guerre du Viêt-Nam avaient pour certains embrassé des aspects du Bouddhisme et de l'Indouisme et/ou de la culture religieuse américaine indigène et étaient en désaccord avec les valeurs occidentales traditionnelles de la bourgeoisie. Ils virent dans l'autorité gouvernementale, le paternalisme et les mœurs qu'il prescrivait, l'industrie de corporation, et les aspects sociaux traditionnels autant d'éléments d'un establishment unifié auquel ils ne reconnaissaient aucune légitimité authentique.
Le mouvement hippie, bien que peu structuré, portait en lui les germes d'un renouvellement inventif de la culture et du mode de vie des années d'après-guerre qui, par la réussite même de ses buts matérialistes arrivait à un essoufflement particulièrement perceptible par la jeunesse. Dans différents domaines des idées nouvelles perçaient, l'autogestion, l'écologie et le rejet des religions traditionnelles. Dans les arts, la musique psychédélique et le pop-art marquèrent les esprits. Le slogan Flower-Power (l'énergie de la fleur) était le symbole de la non-violence.
Fin des années '60, début des années'70, le mouvement hippie s'essouffle. Bien plus structuré, de nouveaux mouvements vont prendre la relève : Greenpeace, foncée en 1971 au Canada voit le jour, le parti politique "Ecolo" ou "Vert" voit aussi le jour ainsi que le WWF qui prend alors une dimension internationale. L'environnement devient un patrimoine essentiel à transmettre aux générations futures.
La définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l'environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera modifiée par la définition des « trois piliers » qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable :
Performance financière « classique », mais aussi capacité à contribuer au développement économique de la zone d'implantation de l'entreprise et à celui de tous échelons.
Conséquence sociales de l'activité de l'entreprise au niveau de tous ces échelons : employés (conditions de travail, niveau de rémunération,...), fournisseurs, clients, communautés locales et société en général.
Compatibilité entre l'activité de l'entreprise et le maintien des écosystèmes. Il comprend une analyse des impacts de l'entreprise et de ses produits en termes de consommation de ressources, production de déchets, émissions polluantes..
En résumé, nous pourrions dire que :
"Si l'interaction entre le progrès social et l'environnement reste vivable, si
l'interaction entre l'environnement et le développement économique est viable
et si l'interaction entre le progrès économique et le développement social est
équitable alors, le développement est durable.
3. Les géologues amateurs et le développement durable
Étant enseignant de formation et
géologue amateur de passion, certains aspect développés lors des expositions,
des colloques et des rencontres interrégionales et internationales auxquelles
j'ai pu assister m'interpellent au plus haut point et rejoignent une sentiment
que je partage déjà depuis de nombreuses années.
3.1. Le point de vue de l'instituteur
Il y a plus de quarante ans, les nations du monde affirmaient, dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, que "toute personne a droit à l'éducation".
Aujourd'hui pourtant, malgré les efforts considérables déployés par les pays du monde entier pour garantir ce droit de tous à l'éducation, la réalité reste celle-ci :
plus de l00 millions d'enfants, dont au moins 60 millions de filles, n'ont pas accès à l'enseignement primaire ; plus de 960 millions d'adultes, dont deux tiers de femmes, sont analphabètes, et tous les pays, tant industrialisés qu'en développement, connaissent un grave problème d'analphabétisme fonctionnel; plus du tiers des adultes du monde n'ont pas accès au savoir imprimé, aux nouveaux savoir-faire et aux technologies qui pourraient améliorer la qualité de leur vie et les aider à façonner le changement social et culturel et à s'y adapter; et plus de l00 millions d'enfants et d'innombrables adultes n'achèvent pas le cycle éducatif de base qu'ils ont entamé; des millions d'autres le poursuivent jusqu'à son terme sans acquérir le niveau de connaissances et de compétences indispensable.
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En même temps, le monde se trouve aux prises avec des problèmes écrasants, notamment le fardeau grandissant de la dette, la menace de stagnation et de déclin économiques, une croissance démographique rapide, l'accentuation des disparités économiques entre les nations et au sein des nations, la guerre, l'occupation, les conflits civils, la criminalité violente, la mort évitable de millions d'enfants et la dégradation généralisée de l'environnement. Ces problèmes constituent un frein aux efforts entrepris pour répondre aux besoins éducatifs de base, et le manque de connaissances fondamentales dont souffre une fraction notable de la population empêche les sociétés de s'y attaquer avec la vigueur et la détermination voulues.
Ces problèmes ont été la cause, au cours des années 80, d'un important recul de l'éducation de base dans bon nombre des pays les moins avancés. Dans d'autres pays, la croissance économique a permis de financer l'expansion de l'éducation, mais ceux qui restent pauvres et non scolarisés ou illettrés se comptent encore par millions. Dans certains pays industrialisés aussi, des réductions opérées dans les dépenses publiques tout au long des années 80 ont abouti à une dégradation de l'éducation.
Cependant, le monde se trouve au seuil d'un siècle neuf, riche de promesses et de possibilités. On observe aujourd'hui un progrès authentique vers une détente pacifique et une plus grande coopération entre les nations. Les droits et facultés essentiels des femmes deviennent effectifs. Les réalisations scientifiques et culturelles utiles à l'humanité se multiplient. Le volume même d'informations disponible aujourd'hui dans le monde - dont une bonne part présente un intérêt pour la survie de l'être humain et son bien-être élémentaire - est sans commune mesure avec celui dont on disposait il y a quelques années à peine, et il augmente à une vitesse exponentielle. Ces informations portent notamment sur les moyens d'acquérir de nouvelles connaissances qui seront source de mieux-être, c'est-à-dire d'apprendre à apprendre. L'association entre une information importante et notre nouvelle capacité de communiquer - autre acquis du monde moderne - crée un effet de synergie.
Ces forces nouvelles, conjuguées à l'expérience accumulée en matière de réformes, d'innovation et de recherche et aux progrès remarquables accomplis par de nombreux pays dans le domaine de l'éducation, font que pour la première fois dans l'histoire l'éducation fondamentale pour tous apparaît comme un but accessible.
Ces observations faites par une commission d'étude de l'UNESCO et relayées à la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, réunis à Jomtien (Thaïlande) du 5 au 9 mars l990 jettent un regard assez sombre sur l'éducation mondiale.
Cependant, ne nous leurrons pas : chez nous, en Belgique dans notre pays riche d'Europe de l'Ouest sans guerre, sans conflit, sans famine, sans épidémies de peste, choléra et autres paludisme, la situation n'est pas des plus reluisantes.
En effet, instituteur depuis 1987, j'ai pu observer des faits alarmants :
une diminution lente mais progressive et insidieuse du pouvoir d'achat des parents; un taux de chômage grandissant; un endettement de plus en plus prononcé de certains parents allant jusqu'au surendettement, la mise en demeure par les banques et parfois même jusqu'à la saisie des meubles; une protection sociale qui s'amenuise de plus en plus; une fréquentation accrue des banques alimentaires; une diminution sensible de l'âge des parents, ce qui les rend de moins en moins mûrs pour assumer les responsabilités auxquels ils sont confrontés; une paupérisation accrue des masses sociales défavorisées entraînant une misère toujours plus grande.
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Ce marasme socio-économique, malgré les efforts déployés pour l'endiguer ou tout au moins en diminuer les effets, fait naître de nouvelles pratiques et de nouvelles habitudes totalement néfastes:
alcoolisme et drogue des parents; absentéisme scolaire des enfants; décrochage scolaire des enfants; démission des adultes de leur devoirs de parents; analphabétisme des uns et des autres; marginalisation des uns et des autres; violence et délinquance juvénile.
Les gouvernements doivent se préoccuper davantage d'élargir et de veiller à maintenir l'accès de tous les enfants à l'enseignement primaire. Une conception holistique de l'éducation peut amener à voir très tôt ce que sont la science et son impact sur l'environnement, alors qu'une société analphabète ne saurait guère comprendre le travail des scientifiques.
On observe une baisse de niveau dans tous les niveaux d'enseignement : du maternel au supérieur en passant par le primaire et le secondaire. Le personnel universitaire est jugé presque exclusivement en fonction de ses travaux de recherche. La qualité de l'enseignement est rarement récompensée en termes de carrière, et au bout du compte ce sont les étudiants qui en pâtissent. Il importe que l'on assigne davantage d'importance à l'activité pédagogique. Les établissements devraient veiller à ce que tous leurs enseignants bénéficient d'une formation, de ressources et d'un soutien appropriés.
La plupart des écoles primaires sont en proie à des difficultés financières souvent insolubles alors que leurs directions qui devraient se consacrer à plein temps à la gestion pédagogique se retrouvent noyées sous une masse administrative toujours grandissante, rendant impossible toute avancée pédagogique notoire. Les ministres en charge de l'enseignement changent souvent au gré des alliances politiques tandis que les porte-feuilles changent de mains. Ces ministres ne sont pas choisis en fonction de leurs connaissances du milieu éducationnel et brillent bien souvent par leur incompétence. Les réformes se suivent sans qu'il y ait réellement de concertation avec les acteurs de terrain, réformes qui sont souvent antipédagogiques. Les écoles secondaires, supérieures et les universités sont en proie à des contraintes économiques croissantes. Dans beaucoup de pays, elles se réorganisent sur le modèle des entreprises, dans l'espoir d'accroître leur rentabilité. Bien que cela ait un certain nombre d'effets positifs, il en résulte surtout une réduction des dépenses qui se traduit par des compressions de personnel, alors que les étudiants sont beaucoup plus nombreux.
3.2. La science et l'instituteur... quelques certitudes
Je tiens à rappeler que l'éducation est un droit fondamental pour tous, femmes et hommes, à tout âge et dans le monde entier. Pour le professionnel de l'enseignement que je suis, je sais que légalement tous les êtres humains naissent égaux... mais que socialement, dès leur naissance, certains sont plus égaux que d'autres.
J'ai conscience que, dans ce monde d'inégalités, l'éducation et l'enseignement des savoirs cognitifs, des savoirs-faire, et surtout des compétences en éveil peuvent contribuer à améliorer la sécurité, la santé, la prospérité et l'équilibre écologique dans le monde, en même temps qu'elle favorise le progrès social, économique et culturel, la tolérance et la coopération internationale : en un mot, donner une chance d'émancipation aux moins favorisés.
Je sais que l'éducation au respect de l'environnement et l'enseignement des compétences en science sont des conditions indispensables, sinon suffisantes, du développement de l'individu et de la société.
En tant qu'enseignant, je constate que le respect de soi, des autres, des choses qui nous entourent et donc de notre environnement, ne s'impose pas par la force, mais se communique par l'exemple, par un charisme et par une ligne de vie pure.
Je reconnais que le savoir traditionnel et le patrimoine culturel autochtone ont une valeur et une validité propres et peuvent servir aussi bien à définir qu'à promouvoir le développement.
Je constate que, dans l'ensemble, l'éducation actuellement dispensée présente de graves insuffisances et qu'il importe d'en améliorer la pertinence et la qualité tout en en rendant l'accès universel. Dans ce contexte, j'ai décidé que si la géologie est une science livresque, peut-être, elle doit être surtout une science de terrain. En conséquence, il faut enseigner. Enseigner les sciences et la pratique de la géologie, enseignement le respect, enseigner la protection. Et cela se fait sur le terrain, en guidant des groupes d'amateurs, en leur faisant partager l'amour des sciences, de la géologie, l'amour de la nature et le respect des chaînes alimentaires : roche mère - végétaux inféodés au sol - animaux inféodés aux végétaux ... Ce n'est pas que de la géologie qu'on enseigne mais aussi et surtout de l'Écologie. Enseigner la majesté de la Terre qui force l'admiration et le respect... et non pas le respect des lois faites par des politiciens qui n'y connaissent rien. La nature est évidemment à notre disposition. Nous pouvons prendre notre dû... sans détruire et en pensant au suivant.
Je reconnais ainsi qu'une éducation fondamentale solide est indispensable au renforcement des niveaux d'éducation plus élevés ainsi que de la culture et du potentiel scientifiques et technologiques, et par là à un développement autonome.
Je reconnais aussi la nécessité, pour relever ce défi dans toute son ampleur et sa complexité, d'offrir aux générations présentes et futures une vision élargie de l'éducation fondamentale et un engagement renouvelé en faveur de celle-ci.
3.3. Les géologues amateurs au service du développement durable
Le présent chapitre est essentiellement consacré au rôle et à l'usage à attribuer à la géologie et aux géologues amateurs pour les mettre au service d'une gestion avisée de l'environnement et du développement.
Pour que ce chapitre ait un sens, une raison d'être et une réelle validité, il faudrait que les géologues amateurs solitaires ou fédérés en associations et/ou clubs soient reconnus par les politiques, par les muséums et par les scientifiques et géologues professionnels, qui n'ont pas le don d'ubiquité et donc qui ne savent pas être en laboratoire, en colloques, en symposiums et sur le terrain, comme étant des acteurs de terrains et des interlocuteurs valables.
Les géologues amateurs devraient notamment fournir l'information nécessaire aux professionnels pour améliorer la formulation et la sélection des politiques d'environnement et de développement en vue de la prise de décisions. Pour satisfaire cette exigence, il sera indispensable que les scientifiques professionnels puissent promouvoir l'intelligence des questions scientifiques, d'améliorer les évaluations scientifiques à long terme en confiant ce travail de terrain aux amateurs, de renforcer les capacités scientifiques de tous les pays en unissant les amateurs en sections nationales ou fédérales et de faire en sorte que les sciences sachent s'adapter aux besoins naissants.
Grâce au travail des géologues amateurs, des industriels et des explorateurs, les scientifiques sont en train d'affiner leur compréhension de domaines tels que les changements climatiques, la croissance des taux de consommation de ressources et la dégradation de l'environnement. Les changements affectant ces domaines, entre autres, doivent être pris en considération lorsqu'il s'agit d'élaborer des stratégies de développement à long terme. Afin d'asseoir ces stratégies sur des bases scientifiques plus solides, il est essentiel, dans un premier temps, de mieux comprendre les terres, les océans, l'atmosphère, l'interdépendance de leurs cycles hydrologiques, nutritifs et biogéochimiques et leurs échanges d'énergie, qui font tous partie du système planète Terre, afin d'en tirer une estimation plus précise de la capacité limite de la planète et de sa capacité de résistance aux nombreuses contraintes qui lui sont imposées par les activités humaines. Cette compréhension doit être rapidement menée à son terme et dans sa globalité planétaire. "Rapidement", c'est-à-dire plus vite que l'évolution des productions, des consommations et des modifications, de manière à ce que les décisions n'interviennent pas sur des éléments déjà révolus. Les géologues amateurs, en possession d'informations capitales sur divers domaines concernant notre planète peuvent en faire part aux scientifiques qui, après analyse pourront rapidement prendre une décision.
Les sciences chimiques, biologiques, zoologiques et géologiques peuvent permettre d'expliquer ces phénomènes grâce à un développement de la recherche sur les processus écologiques fondamentaux et grâce à l'application des outils modernes, efficaces et rentables dont on dispose actuellement, notamment les instruments de télédétection et de surveillance automatique, et les capacités de calcul et de modélisation.
La géologie joue un rôle essentiel en établissant un lien entre l'importance fondamentale de ce système planète Terre en tant que système d'entretien de la vie et les stratégies appropriées de développement qui misent sur son fonctionnement continu.
Les sciences devraient continuer à jouer un rôle de plus en plus important pour permettre d'utiliser plus efficacement les ressources et de trouver de nouvelles méthodes, ressources et modalités de développement. Il faut que les sciences visent constamment à contrôler l'utilisation des ressources et à favoriser les efforts tendant à les utiliser de façon moins intensive, notamment à réduire la consommation d'énergie dans l'industrie, l'agriculture et les transports. On considère donc de plus en plus les sciences comme un élément indispensable pour découvrir les voies les plus réalistes du développement durable.
La somme de connaissances théoriques et pratiques que possèdent les géologues amateurs doivent être appliquées à la formulation des objectifs et mises au service des buts du développement durable sous la forme d'évaluations scientifiques de la situation actuelle et des perspectives d'avenir du système planète Terre. Ces évaluations, fondées sur les innovations actuelles et les découvertes à venir dans le domaine scientifique, doivent être utilisées lors de la prise des décisions et dans le cadre de l'interaction entre les sciences et l'élaboration des politiques.
Les géologues amateurs doivent fournir une contribution accrue afin d'élargir les connaissances et de faciliter l'interaction entre science et société.
Les géologues amateurs vivent au rythme des sites qu'ils visitent. Ce sont, en général des carrières en activité ou abandonnées et des sites géologiques temporaires (travaux routiers, fondations d'immeubles...) Il est indispensable que les scientifiques de tous les pays prennent en compte les informations par eux récoltées et reconnaissent en la personnes des géologues amateurs des protecteurs, des sauveteurs du patrimoine géologique planétaire. Les collections des amateurs sont souvent les seuls souvenirs existants de sites aujourd'hui en proie à l'expansion urbaine (fondations d'immeubles), de sites bétonnés (routes et autoroutes), de sites noyés (construction de ports et de canaux), de sites industriels en activité ou abandonnés (carrières et mines).
3.4. Les géologues amateurs et les 4 éléments du programme
Les éléments du programme, qui correspondent aux conclusions et recommandations de la Conférence Internationale sur un Programme d'Action Scientifique pour l'Environnement et le Développement sont les suivants :
3.4.1. Renforcer la base scientifique d'une gestion durable
Le développement durable invite à envisager des perspectives à plus long terme, à intégrer les incidences du changement mondial aux niveaux local et régional dans le processus de développement, et à utiliser les meilleures connaissances scientifiques disponibles.
Le processus de développement doit être constamment réévalué, à la lumière des résultats de la recherche scientifique, de façon à limiter les incidences de l'utilisation des ressources sur le système planète Terre. Malgré cela, l'avenir est incertain et réserve des surprises. Les politiques de gestion de l'environnement et du développement doivent donc être solides sur le plan scientifique, tout en intégrant une gamme d'options permettant de multiplier les types d'intervention possibles. Le principe de la précaution s'impose.
Pour une transparence maximale, les scientifiques se chargent dans une plus large mesure d'informer le public ouvertement quant à leurs recherches et aux incidences de celles-ci dans un contexte plus général et qu'en conséquence ils apprennent à maîtriser les techniques de communication.
Cependant, on observe souvent un défaut de communication entre les scientifiques
professionnels, les amateurs, les décideurs politiques et le grand public.
Il est nécessaire d'améliorer la communication entre ces différents acteurs.
Heureusement, on remarque, à l'instar des muséums, que bon nombres de géologues
amateurs solitaires et de clubs se sont investis dans la création de sites
Internet qui, comme des "musées virtuels", présentent à tout un chacun les
collections privées et rendent compte de leurs observations sur le terrain, de
leurs études, de leurs trouvailles. Il suffirait que les personnes
concernées s'y intéressent pour que l'information circule au plus vite.
Ici, l'aide des professionnels serait tout à fait appréciable pour corriger les
imprécisions ou les erreurs que les amateurs pourraient commettre... tout cela,
bien entendu, dans un contexte fraternel pour le seul bien de la science et de
l'information du plus grand nombre. Le grand public visite régulièrement
les musées "officiels". Rien ne s'oppose à ce que les scientifiques
visitent les collections privées. Ils seraient sûrement surpris par la
grande quantité d'informations qu'ils pourraient collecter à propos d'un
minéral, d'un fossile, d'une région... 3.4.2. Promouvoir l'intelligence des questions scientifiques
Afin de promouvoir le développement durable, il convient de
mieux connaître la capacité limite de la Terre et, notamment, les processus qui
pourraient freiner ou stimuler sa capacité d'entretenir la vie. L'environnement
mondial change plus vite qu'il ne l'a fait pendant des siècles; on peut donc
s'attendre à des surprises et il se pourrait qu'on assiste à des changements
écologiques sans précédent au siècle prochain. Parallèlement, la consommation
d'énergie, d'eau et d'autres ressources non renouvelables s'accroît, tant au
total que par habitant, ce qui pourrait provoquer des pénuries dans de
nombreuses régions, même si les conditions du milieu ne devaient pas changer.
Les activités de la société connaissent des variations multiples dans le temps
et dans l'espace, selon les régions et les cultures. Elles influencent et
subissent tout à la fois l'évolution du milieu. Le facteur humain est la
principale force qui détermine ce jeu complexe de relations et influe
directement sur les changements à l'échelle planétaire. Il est donc essentiel
d'étudier la dimension humaine des causes et des conséquences de l'évolution du
milieu, et d'explorer les voies conduisant à un développement plus durable.
L'un des principaux objectifs est d'accroître et d'approfondir la
connaissance fondamentale des liens qui existent entre milieu humain et milieu
écologique naturel, ainsi que de perfectionner les outils analytiques et
prévisionnels qui permettront de mieux comprendre les conséquences écologiques
des options de développement. Les géologues amateurs peuvent avoir une influence
tout à fait positive en ce domaine. En effet, chaque géologue amateur a
son domaine de prédilection. Certains se sont spécialisés en l'étude d'un
minéral ou d'un fossile ou encore d'une région, ou d'une communauté
écologique... Il faut savoir que les géologues professionnels employés par
les carrières à granulat, entreprises de production de ciment et entreprises des
pont et chaussées, voient dans un premier temps l'aspect économique de
l'exploitation et leur première préoccupation face aux investisseurs et
actionnaires est le profit immédiat. Les géologues amateurs ont une autre
vision des choses parce que non soumise à la notion de profit. Leur
analyse est différente et voient en premier lieu les espèces minérales et
fossiles récoltables afin de les protéger de l'enfouissement sous le goudron
routier, du concasseur ou du four à chaux. La somme des renseignements
récoltés par ces passionnés, analysés et synthétisés, couplés avec les données
des géologues professionnels oeuvrant dans les entreprises permettraient d'avoir
une vision globale des ressources minérales, paléontologiques et géologiques
d'un état ou d'une région.
Cette synergie des amateurs et des professionnels permettrait de mettre au point et
d'appliquer un programme de précaution conjuguant l'aspect rentable de toute
exploitation de carrière avec l'aspect minéralogique et paléontologique.
On pourrait imaginer facilement que des clubs soient
régulièrement contactés par
des administrations communales, par des exploitants de carrières qui, lors de
travaux temporaires ont mis des choses intéressantes à jour. En l’espace d’un
week-end, les passionnés pourraient s'affairer au travail, car si les spécimens
ne sont pas récupérés rapidement, il seront de toute manière perdus pour les
scientifiques, recouverts d'asphalte ou de béton, voire d'eau dans le cas de
travaux portuaires ou plus simplement passés au concasseur de la carrière.
3.4.3. Améliorer l'évaluation scientifique à long terme
La satisfaction des besoins en matière de recherche scientifique
appliquée à l'environnement et au développement n'est que le premier stade de la
contribution que les sciences peuvent apporter au processus de développement
durable. Les connaissances acquises doivent servir à établir des évaluations
scientifiques (analyses) de la situation actuelle ou des projections concernant
des situations futures. Cela veut dire que la biosphère doit être maintenue en
bonne santé et qu'il faut ralentir la disparition des espèces biologiques,
minérales et paléontologiques. De
nombreux changements écologiques à long terme susceptibles d'affecter l'homme et
la biosphère concernent naturellement l'ensemble de la planète, mais des
changements essentiels peuvent se produire aux niveaux national et local.
Inversement, les activités humaines aux échelons local et régional contribuent
souvent à menacer l'environnement mondial, comme dans le cas d'industries
produisant du dioxyde de soufre favorisant l'apparition des pluies acides
rongeant les calcaires et les minéraux et fossiles s'y trouvant. Il faut donc établir des évaluations
et des projections scientifiques aux niveaux mondial, régional et local. Les
géologues amateurs, parcourant les carrières et les sites géologiques peuvent
apporter une somme considérable de renseignements en ce domaine car la qualité
des minéralisations ou des fossilisations rencontrées permet d'évaluer le degré
des dégâts occasionnés et donc la santé de la biosphère. Ce point de vue
particulier peut être corroboré par des études biologiques, botaniques et
zoologiques. De
nombreux pays et organisations préparent d'ores et déjà des rapports sur
l'environnement et le développement, dans lesquels sont exposées la situation
actuelle et les tendances futures. Les évaluations à l'échelle régionale et
mondiale pourraient mettre ces rapports à profit, mais doivent avoir une portée
plus vaste et inclure les résultats d'études détaillées sur les conditions
futures, en vue d'en tirer un certain nombre d'hypothèses sur les mesures
d'intervention auxquelles l'homme pourrait recourir, en utilisant les meilleurs
modèles disponibles. Ces évaluations devraient permettre de dresser le plan d'un
développement réaliste compte tenu de la capacité limite de chaque région du
point de vue de l'environnement biologique, botanique, zoologique et géologique et de la situation économique
et sociale. Il
faudrait utiliser pleinement les connaissances traditionnelles ayant trait à
l'environnement local.
3.4.4. Renforcer les capacités scientifiques
Étant donné le rôle croissant que devraient jouer les géologues amateurs
dans la solution des problèmes d'environnement et de développement, il faudrait
développer et renforcer la capacité scientifique de tous les géologues amateurs afin de leur permettre de participer
pleinement aux travaux de recherche-développement scientifique et à
l'application des résultats obtenus à un développement durable. D'abord, il
faudrait que la formation scientifique à tous les niveaux soit
renforcée, que les scientifiques collaborent avec les
éducateurs et que l'éducation présente la science sous une
forme interdisciplinaire. Pour renforcer les capacités scientifiques et techniques,
plusieurs pistes peuvent être empruntées : Parmi les plus
importantes, on peut citer la formation théorique et pratique aux sciences de la
Terre. De nombreux clubs, dont certains membres peuvent être
considérés comme des "amateurs très éclairés" en certains domaines organisent
régulièrement des réunions au cours desquelles un sujet théorique est présenté,
pour l'érudition du plus grand nombre. Ces clubs possèdent aussi souvent
des bibliothèques thématiques fort bien achalandées où les livres sont
disponibles gratuitement à la consultation. Enfin, ces clubs
organisent régulièrement des sorties sur le terrain, afin d'allier la théorie à
la pratique. Il semble donc que ces associations de géologues amateurs
puissent, avec l'aide des pouvoirs publics (subvention, prêt de matériel, aide
ponctuelle de professionnels...) relever le défi de renforcer la formation
théorique et pratique aux sciences de la Terre. Pour ce qui est des
géologues amateurs solitaires, il ne faudrait pas les oublier et nous pensons
que les muséums, les facultés et les universités pourraient jouer un rôle
important en organisant des colloques, expositions temporaires à thèmes, stages
de travaux de laboratoire, stage de recherches sur le terrain, cours
théoriques... La mise en place d'un tel système permettrait la
constitution d'un plus grand nombre de spécialistes dans diverses disciplines
de la géologie dans le monde entier. Ce système permettrait aux géologues
amateurs de travailler de façon plus productive, encouragerait la recherche et
par une collaboration étroite et un échange permanent d'informations, on
pourrait les synthétiser plus rapidement et garantir une plus
grande utilisation des résultats ainsi obtenus dans les secteurs productifs de
l'économie. Un tel renforcement des capacités servirait également de base pour
mieux sensibiliser le grand public et populariser les sciences.
3.4.5. Promouvoir les carrières scientifiques Le
choix d'études scientifiques chez les jeunes générations est
extrêmement aléatoire et trop fortement influencé par des facteurs
subjectifs. Trop rares sont les efforts systématiques menés pour
drainer les meilleurs et les plus capables vers la recherche
scientifique. Il
faudrait multiplier les programmes de formation à la recherche pour
les élèves en fin d'études secondaires afin de profiter de cette
période si déterminante de la vie pour susciter chez eux le désir de
s'engager durablement et profondément dans la recherche. Les élèves
qui se préparent à entrer à l'Université devraient être encouragés à participer
aux foires scientifiques internationales et autres manifestations du même type.
Cela les mettrait en mesure de prendre par eux-mêmes des initiatives de
recherche et d'acquérir les capacités de communication nécessaires.
Les efforts à mener sans cesse
pour obtenir des subventions et l'administration de crédits maigres
et fragmentés obligent les chercheurs à consacrer davantage de temps
à la paperasse, ce au détriment du travail proprement scientifique.
La concurrence est trop vive dans certaines disciplines
scientifiques de nos jours. Par ailleurs, la fameuse maxime "publier
ou périr" exprime bien la réalité du domaine de la recherche qui
incite les chercheurs à produire
quantité de publications qui ne sont pas toujours pertinentes, au
lieu de prendre le temps de creuser les problèmes. De plus, avec la
multiplication exponentielle des publications, il devient très
difficile aux lecteurs potentiels de filtrer l'information utile.
L'évaluation fondée sur le nombre des publications a en outre pour
conséquence indésirable que la crainte chez les chercheurs de se
voir contester la priorité des résultats freine la libre circulation
de l'information. Autre problème encore : la
compartimentation croissante de la pensée. La spécialisation
incroyablement poussée à laquelle on assiste fait de la plupart des
chercheurs des experts, enfermés dans un domaine extrêmement étroit,
incapables souvent de réfléchir dans un contexte plus large. Une
réflexion d'ensemble peut permettre de voir plus loin. Or, les
contraintes susmentionnées rendent une telle approche difficile.
Nous espérons qu'à l'avenir la recherche interdisciplinaire prendra
davantage d'importance et que la démarche holistique de résolution
des problèmes gagnera du terrain par rapport aux modes de pensée
purement analytiques.
Dans une économie de marché, des individus peuvent accéder
relativement jeunes à des postes élevés comportant d'importantes
responsabilités. Dans le monde hiérarchisé de la science, toutefois,
il est rare qu'on soit nommé à un poste de responsabilité avant
l'âge de 40 ans. I1 est difficile dans ces conditions de préserver
la liberté de recherche des jeunes scientifiques. Il conviendrait
d'associer davantage aux processus décisionnels des éléments jeunes
ayant des idées neuves, et de définir des structures nouvelles,
moins rigides. Les professions scientifiques sont souvent peu
attractives sur le plan financier et n'offrent que très rarement des
perspectives satisfaisantes en matière de sécurité de l'emploi.
Rares de ce fait sont les jeunes de talent qui ne se
détournent pas de la science lorsque se présente un emploi plus
attractif. Il y a là un autre facteur crucial qui affecte la qualité
de la recherche scientifique, dès lors que celle-ci est incapable de
s'attacher les talents les plus brillants.
Dans le domaine évoqué ci-dessus, les clubs de géologues amateurs ont u
rôle très important à jouer notamment auprès des jeunes :
Pour me contacter, me faire part de vos idées, me poser vos questions, me laisser vos remarques...
cliquez ici :Pour m'envoyer une information à caractère géologique, veuillez cliquer ci-dessous et compléter aussi précisément que possible le formulaire prévu à cet effet. Je vous répondrai dans les plus brefs délais... Merci
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