Le développement durable et les géologues amateurs

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Constatations
Développement durable définition, historique et applications
Les géologues amateurs et le développement durable
Le point de vue de l'instituteur
La science et l'instituteur quelques certitudes
Les géologues amateurs au service du développement durable
Les géologues amateurs et les 5 éléments du programme
Renforcer la base scientifique d'une gestion durableUn fermier qui devient maçon
Promouvoir l'intelligence des questions scientifiques
Améliorer l'évaluation à long terme
Renforcer les capacités scientifiques
Promouvoir les carrières scientifiques
Conclusion

1.  Constatations

Cette page prend sa source dans une constatation : Souvent j'ai entendu des personnes plus ou moins proches du monde des Sciences de la Terre, des scientifiques de renom, (archéologues, paléontologues et minéralogistes employés par les musées nationaux, pour ne pas les citer...) dire que les géologues amateurs, que les collectionneurs de minéraux et fossiles sont des pilleurs de sites géologiques.  Ces mêmes personnes argumentent aussi en disant que par leur action de collectionner, s'ils ne prospectent pas eux-mêmes ("pillent" diraient certains), que leur action de collectionner, donc, favorise le pillage par d'autres afin de proposer le matériel qu'ils cherchent dans les bourses aux minéraux et aux fossiles.

Je n'épiloguerai pas outre mesure en voulant à tout prix défendre une position en argumentant comme certains l'ont déjà fait dans des articles passionnants et passionnés que :

  • les géologues amateurs se rendant dans les carrières sauvent le patrimoine géologique des concasseurs et des fours à chaux,
  • les géologues amateurs respectent un code de déontologie excluant la destruction, le pillage et le profit mercantile de leur action,
  • les géologues amateurs servent souvent la cause des professionnels en les interpellant lors de découvertes majeures,
  • les géologues amateurs mettent souvent leurs collections à la disposition des instances scientifiques en vue d'études systématiques, de paléoécologie...,
  • Je n'épiloguerai pas parce que je sais que d'aucuns tireront de leur chapeau magique l'élément perturbateur, l'exception, le mouton noir, le brebis galeuse, en citant quelques cas évidents de pillage qui ont conclu à la fermeture de certains sites, comme le Mur des Douaniers à Vireux. 

    Je ne nierai pas l'évidence.  OUI, il y a eu de par le passé, il y a aujourd'hui et il y aura dans le futur toujours des cas manifestement où, l'appât du gain, fait perdre toute raison, toute éthique.

    Mais cette constatation n'est pas seulement observable dans le monde des géologues amateurs. C'est comme cela dans tout groupement de personnes, dans toute société humaine.  Il y aura toujours des gens plus faibles qui se laisseront entraîner, qui perdront le sens des réalités, qui se fourvoieront dans leurs objectifs et vénèreront le Dieu-argent.  Regardons autour de nous et nous constaterons sans difficultés que certains industriels, certains scientifiques, certains hommes politiques, certains religieux ont posé des actes qui ont lamentablement dérapé.  Est-ce pour cela que tout va mal et que tout est pourri ? NON, évidemment, ce ne sont là que des cas qui méritent évidemment d'être sévèrement sanctionnés mais qui restent isolés et qui ont été montés en épingle par une presse à sensation qui ne vise que l'audimat et les ventes de leurs magasines.

    Je pense, ou plutôt je suis sûr, que les professionnels n'aiment pas les amateurs parce que ces derniers pourraient éventuellement, les priver d'une découverte scientifique importante, ce qui, comble de malheur, pourrait leur faire perdre l'occasion d'obtenir célébrité, renom et reconnaissance. 

    Plutôt que de se chamailler sur des exceptions qui ne sont et ne resteront que des parties infimes de la population, analysons l'impact de l'action de la majorité des géologues amateurs et vérifions si elle est en accord avec le "développement durable".

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    2.  Développement durable : définition, historique et applications

    Le "développement durable" est, selon la définition proposée en 1987 par la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement (Commission Brundtland), « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de " besoins ", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. » (définition Brundtland)

    On pourrait paraphraser cette définition par le vieux proverbe amérindien : « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants ».

    La préoccupation de la préservation de l'environnement est en effet apparue à partir du début des années 1970. 

    Tout débute avec le mouvement Hippie.  Les hippies (hippie au singulier, ou parfois hippy) étaient les membres d'un mouvement de contre culture des années 1960 et des années 1970 qui avaient pour but un retour à la nature, un style de vie marginal, communautaire ou nomade, renonçant au nationalisme corporatiste. Ceux-ci s'étaient opposés à la guerre du Viêt-Nam avaient pour certains embrassé des aspects du Bouddhisme et de l'Indouisme et/ou de la culture religieuse américaine indigène et étaient en désaccord avec les valeurs occidentales traditionnelles de la bourgeoisie.  Ils virent dans l'autorité gouvernementale, le paternalisme et les mœurs qu'il prescrivait, l'industrie de corporation, et les aspects sociaux traditionnels autant d'éléments d'un establishment unifié auquel ils ne reconnaissaient aucune légitimité authentique.

    Le mouvement hippie, bien que peu structuré, portait en lui les germes d'un renouvellement inventif de la culture et du mode de vie des années d'après-guerre qui, par la réussite même de ses buts matérialistes arrivait à un essoufflement particulièrement perceptible par la jeunesse. Dans différents domaines des idées nouvelles perçaient, l'autogestion, l'écologie et le rejet des religions traditionnelles. Dans les arts, la musique psychédélique et le pop-art marquèrent les esprits. Le slogan Flower-Power (l'énergie de la fleur) était le symbole de la non-violence.

    Fin des années '60, début des années'70, le mouvement hippie s'essouffle.  Bien plus structuré, de nouveaux mouvements vont prendre la relève : Greenpeace, foncée en 1971 au Canada voit le jour, le parti politique "Ecolo" ou "Vert" voit aussi le jour ainsi que le WWF qui prend alors une dimension internationale.  L'environnement devient un patrimoine essentiel à transmettre aux générations futures.

    La définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l'environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera modifiée par la définition des « trois piliers » qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable :

  • Progrès Économique :
  • Performance financière « classique », mais aussi capacité à contribuer au développement économique de la zone d'implantation de l'entreprise et à celui de tous échelons.

  • Justice Sociale :
  • Conséquence sociales de l'activité de l'entreprise au niveau de tous ces échelons : employés (conditions de travail, niveau de rémunération,...), fournisseurs, clients, communautés locales et société en général.

  • Préservation de l'Environnement :
  • Compatibilité entre l'activité de l'entreprise et le maintien des écosystèmes. Il comprend une analyse des impacts de l'entreprise et de ses produits en termes de consommation de ressources, production de déchets, émissions polluantes..

     

    En résumé, nous pourrions dire que : "Si l'interaction entre le progrès social et l'environnement reste vivable, si l'interaction entre l'environnement et le développement économique est viable et si l'interaction entre le progrès économique et le développement social est équitable alors, le développement est durable.

     
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    3.  Les géologues amateurs et le développement durable

    Étant enseignant de formation et géologue amateur de passion, certains aspects développés lors des expositions, des colloques et des rencontres interrégionales et internationales auxquelles j'ai pu assister m'interpellent au plus haut point et rejoignent une sentiment que je partage déjà depuis de nombreuses années.

    3.1. Le point de vue de l'instituteur

    Il y a plus de quarante ans, les nations du monde affirmaient, dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, que "toute personne a droit à l'éducation".

    Aujourd'hui pourtant, malgré les efforts considérables déployés par les pays du monde entier pour garantir ce droit de tous à l'éducation, la réalité reste celle-ci :

  • plus de l00 millions d'enfants, dont au moins 60 millions de filles, n'ont pas accès à l'enseignement primaire ;
  • plus de 960 millions d'adultes, dont deux tiers de femmes, sont analphabètes, et tous les pays, tant industrialisés qu'en développement, connaissent un grave problème d'analphabétisme fonctionnel;
  • plus du tiers des adultes du monde n'ont pas accès au savoir imprimé, aux nouveaux savoir-faire et aux technologies qui pourraient améliorer la qualité de leur vie et les aider à façonner le changement social et culturel et à s'y adapter; et
  • plus de l00 millions d'enfants et d'innombrables adultes n'achèvent pas le cycle éducatif de base qu'ils ont entamé; des millions d'autres le poursuivent jusqu'à son terme sans acquérir le niveau de connaissances et de compétences indispensable.
  • En même temps, le monde se trouve aux prises avec des problèmes écrasants, notamment le fardeau grandissant de la dette, la menace de stagnation et de déclin économiques, une croissance démographique rapide, l'accentuation des disparités économiques entre les nations et au sein des nations, la guerre, l'occupation, les conflits civils, la criminalité violente, la mort évitable de millions d'enfants et la dégradation généralisée de l'environnement. Ces problèmes constituent un frein aux efforts entrepris pour répondre aux besoins éducatifs de base, et le manque de connaissances fondamentales dont souffre une fraction notable de la population empêche les sociétés de s'y attaquer avec la vigueur et la détermination voulues.

    Ces problèmes ont été la cause, au cours des années 80, d'un important recul de l'éducation de base dans bon nombre des pays les moins avancés. Dans d'autres pays, la croissance économique a permis de financer l'expansion de l'éducation, mais ceux qui restent pauvres et non scolarisés ou illettrés se comptent encore par millions. Dans certains pays industrialisés aussi, des réductions opérées dans les dépenses publiques tout au long des années 80 ont abouti à une dégradation de l'éducation.

    Cependant, le monde se trouve au seuil d'un siècle neuf, riche de promesses et de possibilités. On observe aujourd'hui un progrès authentique vers une détente pacifique et une plus grande coopération entre les nations. Les droits et facultés essentiels des femmes deviennent effectifs. Les réalisations scientifiques et culturelles utiles à l'humanité se multiplient. Le volume même d'informations disponible aujourd'hui dans le monde - dont une bonne part présente un intérêt pour la survie de l'être humain et son bien-être élémentaire - est sans commune mesure avec celui dont on disposait il y a quelques années à peine, et il augmente à une vitesse exponentielle. Ces informations portent notamment sur les moyens d'acquérir de nouvelles connaissances qui seront source de mieux-être, c'est-à-dire d'apprendre à apprendre. L'association entre une information importante et notre nouvelle capacité de communiquer - autre acquis du monde moderne - crée un effet de synergie.

    Ces nouvelles forces, conjuguées à l'expérience accumulée en matière de réformes, d'innovation et de recherche et aux progrès remarquables accomplis par de nombreux pays dans le domaine de l'éducation, font que pour la première fois dans l'histoire l'éducation fondamentale pour tous apparaît comme un but accessible.

    Ces observations faites par une commission d'étude de l'UNESCO et relayées à la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, réunis à Jomtien (Thaïlande) du 5 au 9 mars l990 jettent un regard assez sombre sur l'éducation mondiale.

    Cependant, ne nous leurrons pas : chez nous, en Belgique dans notre pays riche d'Europe de l'Ouest sans guerre, sans conflit, sans famine, sans épidémies de peste, choléra et autres paludisme, la situation n'est pas des plus reluisantes.

    En effet, instituteur depuis 1987, j'ai pu observer des faits alarmants :

  • Une diminution lente mais progressive et insidieuse du pouvoir d'achat des parents;
  • Un taux de chômage grandissant;
  • Un endettement de plus en plus prononcé de certains parents allant jusqu'au surendettement, la mise en demeure par les banques et parfois même jusqu'à la saisie des meubles;
  • Ce surendettement conduit des familles entières à fréquenter d'abord de manière épisodique et ensuite de manière systématique les banques alimentaires et les restos sociaux (restos du cœur).
  • De plus en plus de familles ne savent plus joindre les deux bouts et prennent d'assaut les Centres Publics d'Aide Sociale (C.P.A.S.) pour leur permettre de subvenir aux besoins de chauffage et d'énergie;
  • Une protection sociale qui s'amenuise de plus en plus;
  • Une diminution sensible de l'âge des parents, ce qui les rend de moins en moins mûrs pour assumer les responsabilités auxquels ils sont confrontés;
  • Une augmentation significative des S.D.F. autochtones;
  • La situation économique n'étant pas forcément meilleure ailleurs dans le monde, la guerre et le terrorisme sévissant dans d'autres parties du monde, nous assistons à une arrivée massive de migrants économiques qui fuient la famine sévissant dans leurs pays, mais aussi de déplacés qui fuient les combats qui règnent dans leurs contrées,
  • Ces gens croient trouver mieux chez nous mais nombre d'entre eux trouvent refuge dans des dortoirs improvisés ou créent de véritables bidonville comme la "jungle de Calais" et par conséquent tendent à faire naître un certain sentiment d'insécurité dans la population autochtone.
  • C'est dans ce sentiment que s'engouffrent les populistes de tout bord et principalement d'extrême droite et qui, par des slogans simplistes touchent ces gens les plus fragilisés et attisent chez eux la xénophobie et le replis sur soi;
  • Cette paupérisation accrue des masses sociales défavorisées entraîne une misère toujours plus grande et forme le terreau pour l'émergence d'un état sécuritaire voire totalitaire;
  • Cette conjoncture politico-socio-économique tend à faire disparaître la classe moyenne au profit de la classe inférieure;,
  • Les "nouveaux pauvres" voient le jour tandis que les études sociologiques laissent entrevoir des choses aberrantes voire totalement choquantes; qui donnent le tournis, voire la nausée comme :
  • Selon Oxfam, "la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches était passée de 44% en 2009 à 48% en 2014, et dépasserait les 50% en 2016."
  • Selon le journal Le Monde, "les 62 personnes les plus riches au monde possèderaient autant que les 3,5 milliards d'êtres humains les plus pauvres."
  • Selon l'Observatoire des Inégalités, moins de 10% de la population mondiale détient 83% du patrimoine mondial, les 7% restants sont répartis sur 4.900.000.000 d'êtres humains tandis que 3.000.000.000 d'êtres humains vivent avec moins de 2 euros par jour."
  •  

    Ce marasme socio-économique, malgré les efforts déployés pour l'endiguer ou tout au moins en diminuer les effets, fait naître de nouvelles pratiques et de nouvelles habitudes totalement néfastes :

    Les gouvernements doivent se préoccuper davantage d'élargir et de veiller à maintenir l'accès de tous les enfants à l'enseignement primaire. Une conception holistique de l'éducation peut amener à voir très tôt ce que sont la science et son impact sur l'environnement, alors qu'une société analphabète ne saurait guère comprendre le travail des scientifiques.

    On observe une baisse de niveau dans tous les niveaux d'enseignement : du maternel au supérieur en passant par le primaire et le secondaire. Le personnel universitaire est jugé presque exclusivement en fonction de ses travaux de recherche. La qualité de l'enseignement est rarement récompensée en termes de carrière, et au bout du compte ce sont les étudiants qui en pâtissent. Il importe que l'on assigne davantage d'importance à l'activité pédagogique. Les établissements devraient veiller à ce que tous leurs enseignants bénéficient d'une formation, de ressources et d'un soutien appropriés.

    La plupart des écoles primaires sont en proie à des difficultés financières souvent insolubles alors que leurs directions qui devraient se consacrer à plein temps à la gestion pédagogique se retrouvent noyées sous une masse administrative toujours grandissante, rendant impossible toute avancée pédagogique notoire.  Les ministres en charge de l'enseignement changent souvent au gré des alliances politiques tandis que les portefeuilles changent de mains.  Ces ministres ne sont pas choisis en fonction de leurs connaissances du milieu éducationnel et brillent bien souvent par leur incompétence.  Mais ces derniers, conscients de leur incompétence, tentent de donner le change aux yeux de la population en mettant sur pied des pseudo-projets vides de sens mais aux titres ronflants ornés de mots savants pour faire croire qu'ils en connaissent un bout. On a ainsi vu naître " Echec à l'échec ", " Socles de compétences ", " Programme intégré ", "Pacte de mixité sociale ", "Pacte d'excellence "... Les réformes se suivent sans qu'il y ait réellement de concertation avec les acteurs de terrain, réformes qui sont souvent anti pédagogiques.  Les écoles secondaires, supérieures et les universités sont en proie à des contraintes économiques croissantes. Dans beaucoup de pays, elles se réorganisent sur le modèle des entreprises, dans l'espoir d'accroître leur rentabilité. Bien que cela ait un certain nombre d'effets positifs, il en résulte surtout une réduction des dépenses qui se traduit par des compressions de personnel, alors que les étudiants sont beaucoup plus nombreux.

     

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    3.2.  La science et l'instituteur... quelques certitudes

     

    Je tiens à rappeler que l'éducation est un droit fondamental pour tous, femmes et hommes, à tout âge et dans le monde entier.  Pour le professionnel de l'enseignement que je suis, je sais que légalement tous les êtres humains naissent égaux... mais que socialement, dès leur naissance, certains sont plus égaux que d'autres. 

    J'ai conscience que, dans ce monde d'inégalités, l'éducation et l'enseignement des savoirs cognitifs, des savoirs-faire, et surtout des compétences en éveil peuvent contribuer à améliorer la sécurité, la santé, la prospérité et l'équilibre écologique dans le monde, en même temps qu'elle favorise le progrès social, économique et culturel, la tolérance et la coopération internationale : en un mot, donner une chance d'émancipation aux moins favorisés.

    Je sais que l'éducation au respect de l'environnement et l'enseignement des compétences en science sont des conditions indispensables, sinon suffisantes, du développement de l'individu et de la société.

    En tant qu'enseignant, je constate que le respect de soi, des autres, des choses qui nous entourent et donc de notre environnement, ne s'impose pas par la force, mais se communique par l'exemple, par un charisme et par une ligne de vie pure.

    Je reconnais que le savoir traditionnel et le patrimoine culturel autochtone ont une valeur et une validité propres et peuvent servir aussi bien à définir qu'à promouvoir le développement.

    Je constate que, dans l'ensemble, l'éducation actuellement dispensée présente de graves insuffisances et qu'il importe d'en améliorer la pertinence et la qualité tout en en rendant l'accès universel.  Dans ce contexte, j'ai décidé que si la géologie est une science livresque, peut-être, elle doit être surtout une science de terrain. En conséquence,il faut enseigner.  Enseigner les sciences et la pratique de la géologie, enseignement le respect, enseigner la protection.  Et cela se fait sur le terrain, en guidant des groupes d'amateurs, en leur faisant partager l'amour des sciences, de la géologie, l'amour de la nature et le respect des chaînes alimentaires : roche mère - végétaux inféodés au sol - animaux inféodés aux végétaux ... Ce n'est pas que de la géologie qu'on enseigne mais aussi et surtout de l'Écologie.  Enseigner la majesté de la Terre qui force l'admiration et le respect... et non pas le respect des lois faites par des politiciens qui n'y connaissent rien. La nature est évidemment à notre disposition.  Nous pouvons prendre notre dû... sans détruire et en pensant au suivant. 

    Je reconnais ainsi qu'une éducation fondamentale solide est indispensable au renforcement des niveaux d'éducation plus élevés ainsi que de la culture et du potentiel scientifiques et technologiques, et par là à un développement autonome.

    Je reconnais aussi la nécessité, pour relever ce défi dans toute son ampleur et sa complexité, d'offrir aux générations présentes et futures une vision élargie de l'éducation fondamentale et un engagement renouvelé en faveur de celle-ci.

     

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    3.3.  Les géologues amateurs au service du développement durable

     

    Le présent chapitre est essentiellement consacré au rôle et à l'usage à attribuer à la géologie et aux géologues amateurs pour les mettre au service d'une gestion avisée de l'environnement et du développement.

    Pour que ce chapitre ait un sens, une raison d'être et une réelle validité, il faudrait que les géologues amateurs solitaires ou fédérés en associations et/ou clubs soient reconnus par les politiques, par les muséums et par les scientifiques et géologues professionnels, qui n'ont pas le don d'ubiquité et donc qui ne savent pas être en laboratoire, en colloques, en symposiums et sur le terrain, comme étant des acteurs de terrains et des interlocuteurs valables. 

    Les géologues amateurs devraient notamment fournir l'information nécessaire aux professionnels pour améliorer la formulation et la sélection des politiques d'environnement et de développement en vue de la prise de décisions. Pour satisfaire cette exigence, il sera indispensable que les scientifiques professionnels puissent promouvoir l'intelligence des questions scientifiques, d'améliorer les évaluations scientifiques à long terme en confiant ce travail de terrain aux amateurs, de renforcer les capacités scientifiques de tous les pays en unissant les amateurs en sections nationales ou fédérales et de faire en sorte que les sciences sachent s'adapter aux besoins naissants.

    Grâce au travail des géologues amateurs, des industriels et des explorateurs, les scientifiques sont en train d'affiner leur compréhension de domaines tels que les changements climatiques, la croissance des taux de consommation de ressources et la dégradation de l'environnement. Les changements affectant ces domaines, entre autres, doivent être pris en considération lorsqu'il s'agit d'élaborer des stratégies de développement à long terme. Afin d'asseoir ces stratégies sur des bases scientifiques plus solides, il est essentiel, dans un premier temps, de mieux comprendre les terres, les océans, l'atmosphère, l'interdépendance de leurs cycles hydrologiques, nutritifs et biogéochimiques et leurs échanges d'énergie, qui font tous partie du système planète Terre, afin d'en tirer une estimation plus précise de la capacité limite de la planète et de sa capacité de résistance aux nombreuses contraintes qui lui sont imposées par les activités humaines. Cette compréhension doit être rapidement menée à son terme et dans sa globalité planétaire.  "Rapidement", c'est-à-dire plus vite que l'évolution des productions, des consommations et des modifications, de manière à ce que les décisions n'interviennent pas sur des éléments déjà révolus.  Les géologues amateurs, en possession d'informations capitales sur divers domaines concernant notre planète peuvent en faire part aux scientifiques qui, après analyse pourront rapidement prendre une décision.

    Les sciences chimiques, biologiques, zoologiques et géologiques peuvent permettre d'expliquer ces phénomènes grâce à un développement de la recherche sur les processus écologiques fondamentaux et grâce à l'application des outils modernes, efficaces et rentables dont on dispose actuellement, notamment les instruments de télédétection et de surveillance automatique, et les capacités de calcul et de modélisation.

    La géologie joue un rôle essentiel en établissant un lien entre l'importance fondamentale de ce système planète Terre en tant que système d'entretien de la vie et les stratégies appropriées de développement qui misent sur son fonctionnement continu.

    Les sciences devraient continuer à jouer un rôle de plus en plus important pour permettre d'utiliser plus efficacement les ressources et de trouver de nouvelles méthodes, ressources et modalités de développement. Il faut que les sciences visent constamment à contrôler l'utilisation des ressources et à favoriser les efforts tendant à les utiliser de façon moins intensive, notamment à réduire la consommation d'énergie dans l'industrie, l'agriculture et les transports. On considère donc de plus en plus les sciences comme un élément indispensable pour découvrir les voies les plus réalistes du développement durable.

    La somme de connaissances théoriques et pratiques que possèdent les géologues amateurs doivent être appliquées à la formulation des objectifs et mises au service des buts du développement durable sous la forme d'évaluations scientifiques de la situation actuelle et des perspectives d'avenir du système planète Terre. Ces évaluations, fondées sur les innovations actuelles et les découvertes à venir dans le domaine scientifique, doivent être utilisées lors de la prise des décisions et dans le cadre de l'interaction entre les sciences et l'élaboration des politiques.

    Les géologues amateurs doivent fournir une contribution accrue afin d'élargir les connaissances et de faciliter l'interaction entre science et société.

    Les géologues amateurs vivent au rythme des sites qu'ils visitent.  Ce sont, en général des carrières en activité ou abandonnées et des sites géologiques temporaires (travaux routiers, fondations d'immeubles...) Il est indispensable que les scientifiques de tous les pays prennent en compte les informations par eux récoltées et reconnaissent en la personnes des géologues amateurs des protecteurs, des sauveteurs du patrimoine géologique planétaire.  Les collections des amateurs sont souvent les seuls souvenirs existants de sites aujourd'hui en proie à l'expansion urbaine (fondations d'immeubles), de sites bétonnés (routes et autoroutes), de sites noyés (construction de ports et de canaux), de sites industriels en activité ou abandonnés (carrières et mines).

     

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    3.4.  Les géologues amateurs et les 5 éléments du programme

     

    Les éléments du programme, qui correspondent aux conclusions et recommandations de la Conférence Internationale sur un Programme d'Action Scientifique pour l'Environnement et le Développement sont les suivants :

    • Renforcer la base scientifique d'une gestion durable;
    • Promouvoir l'intelligence des questions scientifiques;
    • Améliorer l'évaluation scientifique à long terme;
    • Renforcer les capacités scientifiques;
    • Promouvoir les carrières scientifiques;
     
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    3.4.1. Renforcer la base scientifique d'une gestion durable

     

    Le développement durable invite à envisager des perspectives à plus long terme, à intégrer les incidences du changement mondial aux niveaux local et régional dans le processus de développement, et à utiliser les meilleures connaissances scientifiques disponibles.

    Le processus de développement doit être constamment réévalué, à la lumière des résultats de la recherche scientifique, de façon à limiter les incidences de l'utilisation des ressources sur le système planète Terre. Malgré cela, l'avenir est incertain et réserve des surprises. Les politiques de gestion de l'environnement et du développement doivent donc être solides sur le plan scientifique, tout en intégrant une gamme d'options permettant de multiplier les types d'intervention possibles. Le principe de la précaution s'impose.

    Pour une transparence maximale, les scientifiques se chargent dans une plus large mesure d'informer le public ouvertement quant à leurs recherches et aux incidences de celles-ci dans un contexte plus général et qu'en conséquence ils apprennent à maîtriser les techniques de communication. 

    Cependant, on observe souvent un défaut de communication entre les scientifiques professionnels, les amateurs, les décideurs politiques et le grand public.  Il est nécessaire d'améliorer la communication entre ces différents acteurs.  Heureusement, on remarque, à l'instar des muséums, que bon nombres de géologues amateurs solitaires et de clubs se sont investis dans la création de sites Internet qui, comme des "musées virtuels", présentent à tout un chacun les collections privées et rendent compte de leurs observations sur le terrain, de leurs études, de leurs trouvailles.  Il suffirait que les personnes concernées s'y intéressent pour que l'information circule au plus vite.  Ici, l'aide des professionnels serait tout à fait appréciable pour corriger les imprécisions ou les erreurs que les amateurs pourraient commettre... tout cela, bien entendu, dans un contexte fraternel pour le seul bien de la science et de l'information du plus grand nombre.  Le grand public visite régulièrement les musées "officiels".  Rien ne s'oppose à ce que les scientifiques visitent les collections privées.  Ils seraient sûrement surpris par la grande quantité d'informations qu'ils pourraient collecter à propos d'un minéral, d'un fossile, d'une région...

     

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    3.4.2. Promouvoir l'intelligence des questions scientifiques

     

    Afin de promouvoir le développement durable, il convient de mieux connaître la capacité limite de la Terre et, notamment, les processus qui pourraient freiner ou stimuler sa capacité d'entretenir la vie. L'environnement mondial change plus vite qu'il ne l'a fait pendant des siècles; on peut donc s'attendre à des surprises et il se pourrait qu'on assiste à des changements écologiques sans précédent au siècle prochain. Parallèlement, la consommation d'énergie, d'eau et d'autres ressources non renouvelables s'accroît, tant au total que par habitant, ce qui pourrait provoquer des pénuries dans de nombreuses régions, même si les conditions du milieu ne devaient pas changer. Les activités de la société connaissent des variations multiples dans le temps et dans l'espace, selon les régions et les cultures. Elles influencent et subissent tout à la fois l'évolution du milieu. Le facteur humain est la principale force qui détermine ce jeu complexe de relations et influe directement sur les changements à l'échelle planétaire. Il est donc essentiel d'étudier la dimension humaine des causes et des conséquences de l'évolution du milieu, et d'explorer les voies conduisant à un développement plus durable.

    L'un des principaux objectifs est d'accroître et d'approfondir la connaissance fondamentale des liens qui existent entre milieu humain et milieu écologique naturel, ainsi que de perfectionner les outils analytiques et prévisionnels qui permettront de mieux comprendre les conséquences écologiques des options de développement. Les géologues amateurs peuvent avoir une influence tout à fait positive en ce domaine.  En effet, chaque géologue amateur a son domaine de prédilection. Certains se sont spécialisés en l'étude d'un minéral ou d'un fossile ou encore d'une région, ou d'une communauté écologique...  Il faut savoir que les géologues professionnels employés par les carrières à granulat, entreprises de production de ciment et entreprises des pont et chaussées, voient dans un premier temps l'aspect économique de l'exploitation et leur première préoccupation face aux investisseurs et actionnaires est le profit immédiat.  Les géologues amateurs ont une autre vision des choses parce que non soumise à la notion de profit.  Leur analyse est différente et voient en premier lieu les espèces minérales et fossiles récoltables afin de les protéger de l'enfouissement sous le goudron routier, du concasseur ou du four à chaux.  La somme des renseignements récoltés par ces passionnés, analysés et synthétisés, couplés avec les données des géologues professionnels oeuvrant dans les entreprises permettraient d'avoir une vision globale des ressources minérales, paléontologiques et géologiques d'un état ou d'une région. 

    Cette synergie des amateurs et des professionnels permettrait de mettre au point et d'appliquer un programme de précaution conjuguant l'aspect rentable de toute exploitation de carrière avec l'aspect minéralogique et paléontologique.  On pourrait imaginer facilement que des clubs soient régulièrement contactés par des administrations communales, par des exploitants de carrières qui, lors de travaux temporaires ont mis des choses intéressantes à jour.  En l’espace d’un week-end, les passionnés pourraient s'affairer au travail, car si les spécimens ne sont pas récupérés rapidement, il seront de toute manière perdus pour les scientifiques, recouverts d'asphalte ou de béton, voire d'eau dans le cas de travaux portuaires ou plus simplement passés au concasseur de la carrière.

     

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    3.4.3. Améliorer l'évaluation scientifique à long terme

     

    La satisfaction des besoins en matière de recherche scientifique appliquée à l'environnement et au développement n'est que le premier stade de la contribution que les sciences peuvent apporter au processus de développement durable. Les connaissances acquises doivent servir à établir des évaluations scientifiques (analyses) de la situation actuelle ou des projections concernant des situations futures. Cela veut dire que la biosphère doit être maintenue en bonne santé et qu'il faut ralentir la disparition des espèces biologiques, minérales et paléontologiques. De nombreux changements écologiques à long terme susceptibles d'affecter l'homme et la biosphère concernent naturellement l'ensemble de la planète, mais des changements essentiels peuvent se produire aux niveaux national et local. Inversement, les activités humaines aux échelons local et régional contribuent souvent à menacer l'environnement mondial, comme dans le cas d'industries produisant du dioxyde de soufre favorisant l'apparition des pluies acides rongeant les calcaires et les minéraux et fossiles s'y trouvant.  Il faut donc établir des évaluations et des projections scientifiques aux niveaux mondial, régional et local. Les géologues amateurs, parcourant les carrières et les sites géologiques peuvent apporter une somme considérable de renseignements en ce domaine car la qualité des minéralisations ou des fossilisations rencontrées permet d'évaluer le degré des dégâts occasionnés et donc la santé de la biosphère.  Ce point de vue particulier peut être corroboré par des études biologiques, botaniques et zoologiques. De nombreux pays et organisations préparent d'ores et déjà des rapports sur l'environnement et le développement, dans lesquels sont exposées la situation actuelle et les tendances futures. Les évaluations à l'échelle régionale et mondiale pourraient mettre ces rapports à profit, mais doivent avoir une portée plus vaste et inclure les résultats d'études détaillées sur les conditions futures, en vue d'en tirer un certain nombre d'hypothèses sur les mesures d'intervention auxquelles l'homme pourrait recourir, en utilisant les meilleurs modèles disponibles. Ces évaluations devraient permettre de dresser le plan d'un développement réaliste compte tenu de la capacité limite de chaque région du point de vue de l'environnement biologique, botanique, zoologique et géologique et de la situation économique et sociale. Il faudrait utiliser pleinement les connaissances traditionnelles ayant trait à l'environnement local.

     

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    3.4.4. Renforcer les capacités scientifiques

     

    Étant donné le rôle croissant que devraient jouer les géologues amateurs dans la solution des problèmes d'environnement et de développement, il faudrait développer et renforcer la capacité scientifique de tous les géologues amateurs afin de leur permettre de participer pleinement aux travaux de recherche-développement scientifique et à l'application des résultats obtenus à un développement durable. D'abord, il faudrait que la formation scientifique à tous les niveaux soit renforcée, que les scientifiques collaborent avec les éducateurs et que l'éducation présente la science sous une forme interdisciplinaire. Pour renforcer les capacités scientifiques et techniques, plusieurs pistes peuvent être empruntées : Parmi les plus importantes, on peut citer la formation théorique et pratique aux sciences de la Terre.   De nombreux clubs, dont certains membres peuvent être considérés comme des "amateurs très éclairés" en certains domaines organisent régulièrement des réunions au cours desquelles un sujet théorique est présenté, pour l'érudition du plus grand nombre.  Ces clubs possèdent aussi souvent des bibliothèques thématiques fort bien achalandées où les livres sont disponibles  gratuitement à la consultation.  Enfin, ces clubs organisent régulièrement des sorties sur le terrain, afin d'allier la théorie à la pratique.  Il semble donc que ces associations de géologues amateurs puissent, avec l'aide des pouvoirs publics (subvention, prêt de matériel, aide ponctuelle de professionnels...) relever le défi de renforcer la formation théorique et pratique aux sciences de la Terre.  Pour ce qui est des géologues amateurs solitaires, il ne faudrait pas les oublier et nous pensons que les muséums, les facultés et les universités pourraient jouer un rôle important en organisant des colloques, expositions temporaires à thèmes, stages de travaux de laboratoire, stage de recherches sur le terrain, cours théoriques...  La mise en place d'un tel système permettrait la constitution d'un plus grand nombre de spécialistes dans diverses disciplines de la géologie dans le monde entier.  Ce système permettrait aux géologues amateurs de travailler de façon plus productive, encouragerait la recherche et par une collaboration étroite et un échange permanent d'informations, on pourrait les synthétiser plus rapidement et garantir une plus grande utilisation des résultats ainsi obtenus dans les secteurs productifs de l'économie. Un tel renforcement des capacités servirait également de base pour mieux sensibiliser le grand public et populariser les sciences.

     

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    3.4.5. Promouvoir les carrières scientifiques

     

    Le choix d'études scientifiques chez les jeunes générations est extrêmement aléatoire et trop fortement influencé par des facteurs subjectifs. Trop rares sont les efforts systématiques menés pour drainer les meilleurs et les plus capables vers la recherche scientifique. Il faudrait multiplier les programmes de formation à la recherche pour les élèves en fin d'études secondaires afin de profiter de cette période si déterminante de la vie pour susciter chez eux le désir de s'engager durablement et profondément dans la recherche. Les élèves qui se préparent à entrer à l'Université devraient être encouragés à participer aux foires scientifiques internationales et autres manifestations du même type. Cela les mettrait en mesure de prendre par eux-mêmes des initiatives de recherche et d'acquérir les capacités de communication nécessaires.

    Les efforts à mener sans cesse pour obtenir des subventions et l'administration de crédits maigres et fragmentés obligent les chercheurs à consacrer davantage de temps à la paperasse, ce au détriment du travail proprement scientifique. La concurrence est trop vive dans certaines disciplines scientifiques de nos jours. Par ailleurs, la fameuse maxime "publier ou périr" exprime bien la réalité du domaine de la recherche qui incite les chercheurs à produire quantité de publications qui ne sont pas toujours pertinentes, au lieu de prendre le temps de creuser les problèmes. De plus, avec la multiplication exponentielle des publications, il devient très difficile aux lecteurs potentiels de filtrer l'information utile. L'évaluation fondée sur le nombre des publications a en outre pour conséquence indésirable que la crainte chez les chercheurs de se voir contester la priorité des résultats freine la libre circulation de l'information.

    Autre problème encore : la compartimentation croissante de la pensée. La spécialisation incroyablement poussée à laquelle on assiste fait de la plupart des chercheurs des experts, enfermés dans un domaine extrêmement étroit, incapables souvent de réfléchir dans un contexte plus large. Une réflexion d'ensemble peut permettre de voir plus loin. Or, les contraintes susmentionnées rendent une telle approche difficile. Nous espérons qu'à l'avenir la recherche interdisciplinaire prendra davantage d'importance et que la démarche holistique de résolution des problèmes gagnera du terrain par rapport aux modes de pensée purement analytiques.

    Dans une économie de marché, des individus peuvent accéder relativement jeunes à des postes élevés comportant d'importantes responsabilités. Dans le monde hiérarchisé de la science, toutefois, il est rare qu'on soit nommé à un poste de responsabilité avant l'âge de 40 ans. Il est difficile dans ces conditions de préserver la liberté de recherche des jeunes scientifiques. Il conviendrait d'associer davantage aux processus décisionnels des éléments jeunes ayant des idées neuves, et de définir des structures nouvelles, moins rigides. Les professions scientifiques sont souvent peu attractives sur le plan financier et n'offrent que très rarement des perspectives satisfaisantes en matière de sécurité de l'emploi. Rares de ce fait sont les jeunes de talent qui ne se détournent pas de la science lorsque se présente un emploi plus attractif. Il y a là un autre facteur crucial qui affecte la qualité de la recherche scientifique, dès lors que celle-ci est incapable de s'attacher les talents les plus brillants.

    Dans le domaine évoqué ci-dessus, les clubs de géologues amateurs ont un rôle très important à jouer notamment auprès des jeunes :

    • Ils devraient assumer le rôle de mentor et considérer les élèves en âge d'entrer à l'Université comme un vivier de jeunes chercheurs curieux et leur permettre de s'épanouir. 
    • Ils devraient les intégrer à leurs groupes de gestion à des postes-clé, afin qu'ils puissent apporter leurs idées, prendre des responsabilités.
    • Les membres de ces clubs ne sont pas pressés par le temps et leurs recherches se déroulent au rythme de leurs observations.  Ils ne sont pas non plus hyper-spécialisés mais de par leur démarche souvent autodidacte dans le domaine des sciences de la Terre, ils se frottent à la géologie, à la chimie, à la minéralogie, à la cristallographie, à la paléontologie, à la zoologie, à l'histologie... ils sont donc interdisciplinaires.  Ce sont eux qui vont pouvoir donner aux jeunes la sérénité, leur apprendre la patience, leur insuffler le goût de la recherche et du travail bien fait.

     

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    4. Conclusions
     

    Au vu de tout ce qui vient d'être dit, nul doute que les géologues amateurs ne sont pas les pilleurs que d'aucuns voudraient bien qu'il soient.

    Au contraire, devant les difficultés financières et structurelles rencontrées par bon nombre de nos concitoyens, difficultés conduisant les plus jeunes à l'échec scolaire, au décrochage scolaire et à la délinquance, devant ces difficultés éducatives auxquelles notre société doit faire face, les géologues amateurs, solitaires ou réunis en clubs et associations ont un rôle important à jouer dans le développement durable :

    • un rôle d'éducateurs et d'enseignants
      • enseignant les sciences de la Terre de manière théorique, en apportant leurs connaissances et en mettant à la disposition de tous des bibliothèques de référence,
      • enseignant les sciences de la Terre de manière pratique en emmenant nos jeunes sur le terrain et en leur faisant découvrir le majesté de la Terre,
      • éducateur au respect de l'environnement, au respect de l'éthique scientifique et du civisme, non pas en l'imposant par des lois ou des règles mais en le vivant chaque jour, en ayant un charisme à toute épreuve et en étant un modèle pour les plus jeunes,
    • un rôle d'acteurs de terrain et d'informateurs privilégié
      • en fournissant les informations utiles aux professionnels afin que des décisions rapides soient prise au niveau local, régional, national ou mondial pour la préservation de l'environnement,
      • en informant les entreprises et les scientifiques des ressources minérales, géologiques et paléontologiques observées lors des campagnes de recherches sur le terrain,
      • en ouvrant leurs collections privées aux scientifiques qui pourront ainsi obtenir des informations qu'ils n'auraient pas pu obtenir autrement,
      • en éditant leurs découvertes dans des revues ou sur des sites Internet, pour que l'information circule auprès de tous, pour le bien du plus grand nombre,
    • Un rôle de protecteur du patrimoine géologique local, régional, national ou même mondial en sauvant de la destruction massive dans les carrières en activité ou sur les chantiers, toutes les espèces minérales et fossiles en danger,
    • Un rôle de formateur et de préparateur pour les jeunes attirés par les carrières scientifiques et disposés à entrer à l'Université.
    En ce qui concerne notre club de l'Escargotite, je peux dire que nous sommes un véritable creuset d'où émergent de jeunes scientifiques de haut vol : chimistes, paléontologues (dont une est conservatrice à l'IRScNB !), géologues, archéologues, guides nature et actuellement en 2014, 2 jeunes suivent les cours de géologie à l'Université de Namur.  Je pense que sur ce plan, nous remplissons notre engagement dans la promotion des carrières scientifiques.

     

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