Ethique Scientifique – Code de Déontologie – Charte de Vie – Code d’honneur
Pourquoi établir une
charte de vie, un code de déontologie et avoir une éthique scientifique ?
Je pense que lorsqu’on
a une passion comme la nôtre, il faut se forger des règles à suivre car nous
sommes amenés à côtoyer d’autres personnes, d'autres chercheurs, d’autres passionnés, dans des
bourses mais aussi sur le terrain. Nous cherchons notre « matière première »
sur des sites naturels, dans des travaux routiers, dans des carrières… et donc
là aussi, il y a des règles à suivre.
Pourquoi les éditer
sur mon site internet ?
La raison en est
simple. Je crois simplement qu’il fait dire haut et clair comment nous
concevons notre passion, dans le respect des sites, de la propriété d’autrui,
mais aussi dans le respect des autres chercheurs et dans le respect de la vérité
scientifique… tout en y ajoutant des règles auxquelles je crois et que je
respecte parce que c’est comme çà que je veux vivre… et que je ne désire pas y
déroger… même si parfois la tentation est grande.
On est « droit dans
ses bottes » ou on ne l’est pas… On est blanc ou noir et pas gris… ni gris
clair, ni gris foncé.
Il existe un
code de déontologie a été inscrit au Moniteur Belge en date du 29.07.1993 sous
le n° 3290/77
Il existe aussi
une "Déclaration Internationale des Droits de la Mémoire de la Terre", synthèse
en 9 points du premier Symposium International du Patrimoine Géologique, fait le
13 juin 1991 à Digne, en France.
Je ne peux pas
dire que j’adhère à 100% à ces deux documents parce que certains articles ne sont pas conformes à
la réalité de terrain tandis que d'autres me semblent inadéquats et trop
laxistes…
J’ai donc repris le
tout et j’y ai ajouté ce en quoi je crois
fermement. Cela dicte mon comportement en fonction de la situation…Evidemment,
cela fait parfois de moi un être intransigeant…
Quelques
définitions :
Géologie
: science qui étudie, dans tous ses aspects et applications, la partie accessible de la lithosphère.
Objets géologiques : objets d'origine géologique, tels que roches,
minéraux et fossiles; cette catégorie comprend également des objets ayant subi
une modification par un processus naturel.
Géologue professionnel : personne dont la profession est la géologie et
qui possède les diplômes et/ou l'expérience requise pour l'exercer.
Géologue amateur : personne qui pratique la géologie par loisir, par
plaisir et surtout par passion, sans en faire sa profession, ni en retirer un
quelconque avantage financier.
Commerçant : personne qui fait de façon légitime et plus
qu'occasionnellement, commerce d'objets géologiques.
Collectionneur : personne qui rassemble des objets géologiques d'origines
diverses.
La Terre : Chaque homme est reconnu unique. La Terre est aussi une
planète unique.
Notre lien avec la Terre : La Terre nous porte. Nous sommes liés à
la Terre et la Terre est lien entre chacun de nous.
La vie
sur Terre : La Terre, vieille de 4 milliards et demi d'années est le berceau
de la vie, du renouvellement et des métamorphoses du vivant. Sa longue
évolution, sa lente maturation ont façonné l'environnement dans lequel nous
vivons.
La
Terre et nous : Notre histoire et l'histoire de la Terre sont intimement
liées. Ses origines sont nos origines, son histoire est notre histoire et
son futur sera notre futur.
Notre
environnement : Le visage de la Terre, sa forme sont l'environnement de
l'homme. Cet environnement est différent de celui d'hier et différent de
celui de demain. L'homme est l'un des moments de la Terre, il n'est pas
finalité, il est passage.
La
mémoire de la Terre : Comme un vieil arbre garde la mémoire de sa croissance
et de sa vie dans son tronc, la Terre conserve la mémoire du passé. C'est
une mémoire inscrite dans les profondeurs et sur la surface, dans les roches,
les fossiles et les paysages, une mémoire qui peut être lue et traduite.
La
protection du patrimoine : Aujourd'hui, les hommes savent protéger leur
mémoire, leur patrimoine culturel. Nous commençons à protéger notre
environnement immédiat, notre patrimoine naturel. Le passé de la Terre n'est pas
moins important que le passé de l'homme. Il est temps que l'homme apprenne
à protéger et, en protégeant, apprenne à connaître le passé de la Terre, cette
mémoire d'avant la mémoire de l'homme qui est un nouveau patrimoine : le
patrimoine géologique.
L'impact
de l'homme sur le patrimoine géologique : Le patrimoine géologique est le bien
commun de l'homme et de la Terre. Chaque homme, chaque gouvernement n'est
que le dépositaire de ce patrimoine. Chacun doit comprendre que la
moindre déprédation est une mutilation, une destruction, une perte
irrémédiable. Cependant, il est économiquement impensable et totalement
irréaliste de vouloir faire cesser toute activité humaine sous prétexte de la
préservation du Patrimoine géologique. L'homme utilise la Terre et
l'exploite selon ses besoins : mines, carrières, creusements de tunnels,
tracements de routes, fondations et constructions de bâtiments, creusements de
canaux... Les activités de l'homme marquent la Terre de leurs traces
indélébiles. Les géologues, qu'ils soient professionnels ou amateurs ont
le devoir, lors de ces travaux, de récupérer un maximum de matériel géologique
(minéraux et fossiles) afin de les sauver, de les protéger et de les
préserver. Il faut, en effet, essayer d'éviter au maximum que du
matériel géologique de valeur ne passe au concasseur (dans les carrières) ou
ne soit inutilement exposé aux agents atmosphériques (tracés de routes,
creusements de canaux...) qui les détruiraient irrémédiablement.
Les
réserves géologiques : Le point précédent me fait dire que certaines
"réserves géologiques" n'ont aucun sens, si les couches géologiques
intéressantes sont mises à nu. (C'est le cas de Vireux et Foisches
(Ardennes), Luc sur Mer et Lion sur Mer (Normandie), Cap de la Chèvre
(Finistère), Digne les Bains (Alpes de Haute Provence), et bien d'autres...) En effet, les infiltrations et écoulements
d'eau, les gelées de l'hiver et les fortes chaleurs de l'été auront à court ou
moyen terme, fait éclater les roches proches de la surface et donc auront
détruit les minéraux et fossiles qui y sont contenus. Sans aucune protection
valable, (récupération et mise en collection privée ou publique), ce matériel
géologique sera par la faute de l'immobilisme des pouvoirs publics, perdu pour
tout le monde.
Avant de partir…
-
Quel que soit l’endroit où nous allons prospecter (travaux de creusement de route, fondations
de maison en construction, carrière en activité, carrière abandonnée, talus de
route, haldes d’anciennes exploitations minières…) nous sommes toujours sur un
terrain public ou privé. En un mot, on est toujours chez quelqu’un.
La plus élémentaire des corrections est de demander l’autorisation de pénétrer
sur le chantier, sur le terrain ou dans la carrière.
-
Ce n’est que muni
de cette autorisation et après avoir averti le propriétaire de la date et même
des heures de notre présence sur le site que nous pourrons partir en chasse.
- Ces autorisations ne sont pas des
permis pour enfreindre les lois. Même munis de toutes les autorisations
requises, le géologue amateur devra respecter les prescriptions légales en
vigueur au lieu et au moment de son activité de recherche.
Sur le terrain…
-
Dès son arrivée sur le terrain, le géologue amateur veillera à prévenir le
propriétaire ou le chef de chantier de sa présence.
-
Le géologue amateur doit se souvenir qu'il n'est pas venu
pour faire un cours de géologie aux carriers, mais qu'il vient chez eux dans
l'intention de trouver des minéraux et des fossiles qu'il désire emporter.
Il faut donc s'assurer, même si on dispose d'une autorisation verbale ou écrite,
de leur assentiment des personnes présentes qui pourraient très bien lui
interdire l'entrée de la carrière.
-
Beaucoup de carriers ont remarqué les fossiles et les
minéraux et savent ce que c'est. Certains les ramassent pour les céder aux
amateurs de passage. C'est une manière de se constituer une collection qui
n'est pas fatigante, mais il faut au moins s'assurer qu'il n'existe qu'un seul
niveau minéralier ou fossilifère. S'il y en a plusieurs, tout se
complique, car les carriers ont bien pu tout mélanger. Leur aide est alors
essentielles pour démêler l'écheveau et retrouver les différentes couches
porteuses.
-
Ces réflexions peuvent paraître étranges mais les néophytes
ne se rendent pas toujours compte de l'importance des relations personnelles
avec les carriers, ouvriers et paysans. Les géologues passent purement et
simplement pour des maniaques et des fous. Les uns se sont signalés à
l'attention des foules par des équipements de Tartarins, les autres ont tenu des
discours incompréhensibles; bref, il faut faire attention. En un mot comme
en cent, ne pas se singulariser et entrer en relations avec les gens du village
et les carriers. Une bouteille de vin ou une bonne bière arrive toujours à
propos pour bonifier le coeur de l'homme qui serait réfractaire aux
conversations stériles.
-
Si personne n’est présent sur
le site un petit mot ainsi qu’une décharge de responsabilité dûment signée
seront déposées à l’entrée du site, dans la boîte aux lettres, à la barrière…
-
Le géologue amateur n’emprunte pas
les lieux de passages interdits (cultures, propriétés privées, etc…) et
maintient les clôtures fermées. S'il y a une clôture et seulement s'il est en
possession d'une autorisation formelle des propriétaires, le géologue pourra la
traverser. Ne pas oublier que les lieux clos sont des lieux privés et non
publics. A toute interpellation du garde-champêtre ou des autorités
compétentes, l'autorisation écrite devra être produite afin d'éviter
procès-verbal et amendes.
-
Sur le terrain public, il en va de même. Nos superbes forêts, en
Wallonie, sont surveillées par les agents de la DNF (Division Nature et
Forêt). Ces hommes en vert sont "officiers de police
judiciaire" et peuvent donc verbaliser, au besoin, ils sont armés.
Leur travail est de gérer une parcelle "en bon père de famille". Ils ont
des comptes à rendre à la Région Wallonne. Si on quitte les chemins
balisés, si on casse des cailloux, si on arrache des plantes, si on emporte
des matières minérales, végétales ou animales, ils peuvent dresser
procès-verbal. Bien que ce soient des êtres humains, souvent, leur
propos reste donc inévitablement et strictement au niveau de la
Loi. En fait les agents de la DNF ont un tout petit
pouvoir d'appréciation et la Loi souvent parle de
motif légitime ou
de
quantités raisonnable ...etc., notions évidement un peu élastiques.
Qu'est-ce qu'une quantité "raisonnable" de
jonquilles ? Chercher après les traces d'une exploitation
minière pour alimenter un historien local ou une collection d'objets
géologiques en prélevant un carton de spécimens, est-ce un prélèvement en
"quantité raisonnable". Les agents des Eaux et Forêts en ont vu de toutes
les couleurs, des gens vont avec une camionnette, au petit matin, à dix
Roumains pour ratiboiser une parcelle de jonquilles, d'autres modifient le
relief d'une butte pour emporter le plus possible d'échantillons de roche sans se rendre compte que ce
gros tas de cailloux héberge une colonie de lézards plutôt rares mais
invisibles car en hibernation... Souvent, ces agents n'ont qu'une seule
alternative afin de ne pas se laisser déborder :
Dira lex, Dura lex, Sed lex,....La
loi est cruelle, elle est dure, mais c'est la loi. Mais oserais-je répondre :
Summum jus, summa injuria,....Excès
de justice, excès d'injustice.
En "dialogue singulier" les situations sont parfois bien différentes pour
autant qu'on communique et respecte et d'ailleurs cela va ensemble, il n'est
pas possible de communiquer sans respecter. J'ai de très bonnes expériences de
recherches où ce sont des agents de
la DNF qui, avec l'aide de fermiers et de
forestiers (gens proches de la terre) m'ont permis de retrouver des sites
minéraliers "oubliés". Eux aussi s'intéressent à la Nature et n'ont pas qu'un
règlement à la place du cerveau. Eux aussi s'intéressent de savoir que sur
leur "parcelle" qu'ils doivent gérer, il y a des sites minéralier ou
fossilifères. Évidemment il faut leur demander l'autorisation,
choisir le bon moment (pas le moment des orchidées, ni le moment de la chasse,
ni le moment où le gibier met bas)... mais là aussi ils sont de bons
conseils. Ce sont des gens charmants, qui font leur travail
mais qui aident le publics... pour autant qu'on ne détruise pas tout et qu'on
remette le terrain en place après la recherche.
Il y a des règles et une interprétation de ces règles... encore une
fois, tout est question de civisme et de savoir vivre. échantillonner et pas
dévaliser, prendre son dû géologique en sachant qu'il y a des entomologistes,
des botanistes, des chasseurs, des pêcheurs, des photographes, des
herpétologistes... qui doivent aussi avoir leur plaisir et que le nôtre ne
doit pas supprimer ou endommager le leur. Comme on dit toujours : "Notre liberté se termine
là où commence celle des autres". Respect, discrétion, protection doivent rester des
maîtres mots...
- Le géologue, essentiellement pacifique te protecteur de la Nature ne doit
entrer en conflit avec personne
- Au cours de ses recherches, le
géologue amateur n'exposera personne à un quelconque danger, par négligence des
règles élémentaires de sécurité.
- Le port d'un gilet fluorescent (comme celui que tout conducteur doit
posséder dans sa voiture) est un plus qu'on ne saurait négliger. Il
permet d'être vu à bonne distance.
- Une carrière, même abandonnée, est
un lieu où le danger est permanent. Donc le port du casque homologué et de
bonnes chaussures de sécurité est obligatoire lors de toute prospection.
- Il est formellement interdit de se
rapprocher des bords supérieurs des fronts de taille, de stationner ou de
creuser sous des surplombs, de tenter de se glisser dans des failles ou grottes
mises à jour par des explosions successives.
- Le géologue amateur emploiera
exclusivement l’équipement manuel traditionnel du géologue. D’autres outillages
ou techniques ne seront utilisées que moyennant autorisation.
- La plus élémentaire des courtoisies
est de mise et les règles de bienséance et de civisme doivent être respectées
ainsi que les us et coutumes en vigueur entre géologues amateurs…
- Lorsque des minéraux, des roches ou
des fossiles sont déposés à côté d’un gant, d’un burin ou d’un marteau, c’est à
dessein. Cela veut dire qu’ils « appartiennent » à leur découvreur… ce n’est
donc pas un « libre service ».
- Lorsqu’un géologue trouve un minéral ou un fossile dans un bloc, dans un
trou, il faut se dire qu’il y en a d’autres ailleurs et même parfois bien plus
beaux. Ce n’est donc pas la peine de se presser à cet endroit de manière
à « éjecter » la personne de son endroit de fouille.
- Un burin, un marteau déposé à un endroit précis est souvent là pour
marquer un endroit, un bloc… que l’on veut retrouver par la suite. Ce
n’est donc pas un « objet perdu » que l’on peut mettre dans sa poche et
emporter.
- Le géologue amateur a le devoir de respecter le milieu naturel. Il
ne commet aucune dégradation (arbres arrachés, fossés comblés) Il est de son
devoir de remettre le lieu de ses activités dans son état d'origine. Toute
forme de vandalisme, tout vol ou bris de matériel sont à proscrire dans tous
les cas.
- Les mesures prises par les autorités en vue de la protection des sites
doivent être respectées dans tous les cas. Le géologue amateur veillera
aussi à conserver dans leur état primitif les grottes et cavités naturelles
dignes d’intérêt et les sites classés qu’il est amené à visiter.
- Le géologue amateur veillera à ce
que son passage soit aussi discret que possible. Il respecte et fait respecter
le cadre naturel dans lequel il évolue et lui rend, le cas échéant, son aspect
initial (trous à combler…) Il s’interdit toute forme de pollution (abandon de
détritus…)
- Le géologue amateur se limitera au
prélèvement des échantillons nécessaires à leur propre collection, en pensant au
géologue suivant qui devra lui aussi trouver son dû.

Cette photo-montage a fait le
tour des clubs et des géologues amateurs. Même si c'est un montage, elle
prend toute sa valeur après les nombreux accidents de ce type ayant eu lieu en
Champagne là où les chercheurs de Cerithium giganteum creusent des tranchées
dignes de celles de '14-18. Cette image prend aussi toute sa valeur après
l'accident mortel survenu en ce début septembre 2005 à la carrière de Ciply. Le
point 4 ci-dessus est donc très important voire vital.
De retour à la maison
- Devant la négation des géologues amateurs par certains professionnels, il
est indéniable que l'amateur ne devra compter que sur ses propres forces.
- Le géologue amateur visera dans tous ses actes l'excellence.
- Le géologue amateur sera patient. Un travail de qualité ne se
réalise pas dans la rapidité et encore moins dans la précipitation.
- Même si on est amateur, on doit pouvoir agir en professionnel.
- Le géologue amateur devra toujours être à la hauteur de la confiance des
autres.
- Il devra, par ses actes, son charisme, sa philosophie et son mode de vie,
forcer le respect des autres, se forger une réputation à toute épreuve et
ainsi être un modèle pour les plus jeunes.
- Le géologue amateur ne vend pas et
n’achète qu’occasionnellement, seuls les échanges en vue d'enrichir leur propre
collection sont permis et même encouragés. Cela crée des liens, des contacts
autres que la vente et l’achat.
- Le géologue amateur se refuse à
tirer un quelconque profit commercial de ses trouvailles et il n’utilisera pas
ses connaissances en matière de géologie, minéralogie et paléontologie à des
fins lucratives.
- Le géologue amateur devrait acquérir
les connaissances élémentaires pour être à même d'évaluer l'intérêt scientifique
des objets récoltés.
- Le géologue amateur s'engage à
informer les institutions scientifiques compétentes, de chaque découverte
importante.
- Le géologue amateur s'engage à gérer
sa collection d'une manière correcte, chaque échantillon sera répertorié d'une
façon suffisamment explicite.
- Il est inadmissible de commettre des
fraudes en présentant comme vrais ou naturels, des objets géologiques
artificiels, falsifiés, réparés ou transformés. La diffusion délibérée de
fausses informations constitue également une faute grave.
- Les géologues amateurs
devraient faciliter l'accès à leurs collections aux géologues professionnels
et aux autres chercheurs, sur demande courtoise et sur rendez-vous.
- Les géologues amateurs devront rechercher la collaboration et la
coopération des autres mais devront s'abstenir d'accepter l'assistanat.